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Bible, Histoire, Archéologie

Bible,
Histoire,
Archéologie

L’Eternel s’adressa à Moïse :
« Et ils me construiront un sanctuaire, pour que je réside au milieu d’eux, semblable en tout à ce que je t’indiquerai, c’est-à-dire au plan du Tabernacle et de toutes ses pièces et vous l’exécuterez ainsi» (Version du Rabbinat Français. Exode 25, 8-9).

Introduction

Selon la Bible, trois Temples ont été érigés à Jérusalem :
Le premier Temple est celui bâti par le roi Salomon au Xe siècle avant notre ère. Selon les Écritures, sa construction commencée la quatrième année du règne de Salomon (vers 964 avant notre ère) fut achevée en sept ans et six mois (2 Chroniques 3, etc.). Il a été complètement détruit en 586 avant notre ère par les armées néobabylonniennes sous la conduite du roi Nabuchodonosor II (2 Rois 24 ;  25 ; 2 Chroniques 36,5-21, etc.).
Le deuxième Temple est celui dit de Zorobabel, prince de Juda. Rebâti par les Judéens au retour d’exil vers 531 avant J.-C. Il aurait été achevé vers 515 avant notre ère. sous l’Empire médo-perse, (Esdras 6, etc.). Nous savons peu de choses sur cet ouvrage.
Le troisième Temple, un important complexe de style gréco-romain, construit par Hérode le Grand, qui a été détruit en 70 de notre ère lors du siège de Jérusalem par l’armée romaine de Titus (Antiquités juives 15,11; Guerre des Juifs 5,5, etc.). L’un des rares vestiges qui nous reste est le Kotel : le Mur Occidental de soutènement de  ce Temple.

Pour visionner l’Histoire des trois Temples  →

Le Tabernacle

Le Tabernacle, au contraire des trois Temples qui lui ont succédé, fut un édifice constitué d’éléments qui étaient entièrement démontables et transportables. Il était prévu comme sanctuaire lors des pérégrinations du peuple hébreu dans la péninsule du Sinaï entre le XIVe et XIIe siècles environ avant notre ère.

Le Tabernacle, mot qui signifie tente, (de l’hébreu, mishkan ou tente d’Assignation, c’est à dire la demeure du Témoignage, de la Loi) était un sanctuaire «mobile» dont l’importance dans les Écritures est marquée par les chapitres 25 à 31 et 35 à 40 du livre de l’Exode, soit 13 chapitres. À cela il faut ajouter de nombreuses références dans le Lévitique, les Nombres, le Deutéronome et jusque dans le Nouveau Testament, les chapitres 8 et 9 de l’Épître aux Hébreux.

Ci-dessus : le site du Sinaï, aujourd’hui traditionnellement identifié avec le Djebel Musa (montagne de Moïse), est un magnifique massif montagneux qui domine d’un escarpement très raide le golfe d’Aqaba. Il a été le théâtre des traditions religieuses du judaïsme, du christianisme et de l’islam. Le Djebel Musa (à gauche de l’image), d’une altitude de 2250 mètres est la montagne la plus élevée de la péninsule du Sinaï après celle du Mont Sainte Catherine (à proximité, 2610 mètres). Il abrite à ses pieds depuis le Ve siècle de notre ère, le monastère orthodoxe grec Sainte Catherine (au centre de la photo et dans le cadre inséré). C’est en arrière-plan de la vue, dans la vaste plaine, que les traditions monothéistes situent le campement des Hébreux à leur sortie d’Égypte. © Théo Truschel.
Ci-dessus : une représentation numérique en 3D du Tabernacle dans le désert du Sinaï. On distingue les deux parties du sanctuaire : l’une à ciel ouvert et l’autre, le Tabernacle recouvert par cinq couvertures ainsi que le campement des Hébreux autour du Tabernacle. © Image de Oliver Denker.1790031161. Montage des rideaux par Théo Truschel.

Le Tabernacle était composé de deux parties distinctes :

La première à ciel ouvert appelée le parvis, de cinquante mètres de long sur vingt cinq mètres de large, la deuxième partie couverte, à l’intérieur de la première : c’est le Tabernacle proprement dit. Il mesurait quinze mètres de long, cinq mètres de large sur cinq mètres de haut.

Approchons-nous maintenant de la tenture du parvis qui faisait office d’entrée :
Elle mesurait deux mètres cinquante de haut et marquait ainsi une séparation très nette entre le sanctuaire et le reste du camp. Elle était composée de fin lin retors de couleur blanche.
La tenture était soutenue par des colonnes en bois de Sittim espacées de deux mètres et demi, vingt colonnes sur chaque longueur et dix sur chaque largeur.
Ces colonnes surmontées de chapiteaux d’argent reposaient sur des socles d’airain, métal qui, dans les Écritures représente la «justice de Dieu».
Pour fixer solidement la tenture aux colonnes, des crochets et des tringles d’argent. L’argent est, pour sa part, le symbole de la rédemption. Par ce moyen, les intempéries du désert ne pouvaient renverser la tenture.
La face Est du parvis comportait une large entrée de dix mètres de long.
Le rideau de cette entrée (image ci-dessous) était lui aussi de fin lin retors, mais on y avait brodé des fils bleus, pourpres et cramoisis. Ces quatre couleurs (ci-contre) que nous retrouverons sans cesse, symbolisent la divinité (bleu), la royauté (la pourpre), le sacrifice (le cramoisi ou écarlate) et la pureté (le blanc).


Ci-dessus, une proposition de reconstitution du rideau d’entrée avec ses quatres couleurs. © Théo Truschel.

Le parvis du Tabernacle

À peine franchi le rideau d’entrée du parvis, on voyait se dresser l’Autel des holocaustes. Il barrait le chemin qui mène au Tabernacle.

Image ci-contre : une représentation numérique en 3D de l’autel des holocaustes. © Théo Truschel.

De forme carrée de deux mètres cinquante de côté sur une hauteur d’un mètre cinquante. Il était construit en bois d’acacia recouvert d’airain. Quatre cornes d’airain, qui dans les Écritures symbolisent force et puissance, jaillissaient des quatre angles.
À l’intérieur et à mi-hauteur se trouvait une grille en airain servant à consumer les chairs des sacrifices. La loi de Moïse prévoyait cinq sortes de sacrifices.
Aux angles, des anneaux d’airain par lesquels passaient les barres servant au transport. Elles étaient aussi de bois d’acacia recouvert d’airain.
Chaque matin et chaque soir, un sacrifice était offert. Les jours de solennité, ils se multipliaient.

Image ci-contre : une représentation numérique de la cuvre d’aitain. ® Théo Truschel.

Le deuxième objet, à retenir notre attention dans le parvis, était la cuve, un bassin circulaire rempli d’eau pour les purifications. Elle et sa base étaient en airain sans aucune précision de dimensions.
Elle est le symbole de la sanctification, et pour les prêtres, d’une activité  sanctifiée et consacrée au service de l’Eternel.

Le sanctuaire du Tabernacle

C’était une enceinte formée de quarante huit planches. Chaque planche avait cinq mètres de haut sur soixante quinze centimètres de large. Les planches étaient en bois d’acacia recouvert d’or, placées debout sur des bases d’argent et reliées ensemble sur trois côtés par cinq barres parallèles, dont une invisible à l’intérieur des planches, en bois d’acacia plaqué d’or.
Vingt planches constituaient le côté sud, vingt autres pour le côté nord et six pour le côté ouest. Deux planches supplémentaires renforçaient les angles du côté ouest. Les planches provenaient d’arbres qui avaient été sélectionnés et choisis dans ce but. Ils avaient été dégrossis et sciés par les ébénistes suivant les indications de la « Parole » communiquée à Moïse.
Le lieu saint et le lieu très-saint étaient séparés par un rideau appelé le « voile ».

Quatre couvertures étaient placées sur cette structure pour former le toit.

Quatre couvertures recouvraient le sanctuaire

1 – La première couverture extérieure
Elle était faite de peaux de dauphins, son apparence était terne, et n’avait rien d’agréable au regard, mais elle était d’une solidité à toute épreuve.
2 – La deuxième couverture juste au-dessous
Elle était faite de peaux de béliers teintés en rouge. Le bélier était un animal de sacrifice. Quant à la couleur rouge elle symbolise le sang.
3 – La troisième couverture
Elle était constituée de onze tapis en tissu de poil de chèvre.
4 – La quatrième couverture, celle que l’on voyait dans le sanctuaire
Elle était composée de dix tapis (2 x 5) et différait totalement des autres. Elle était semblable au rideau de l’entrée, mais avec quatre couleurs :
Le blanc :  il symbolise la pureté.
Le bleu : la couleur du ciel, l’origine divine.
Le cramoisi : la couleur du sang, le sacrifice.
La pourpre : C’est une sorte de rouge extrait d’un coquillage vivant au large de la côte phénicienne, couleur rare et précieuse, qui était réservée aux rois et aux membres de leur famille.

“Les teintures étaient obtenues du coquillage, le murex (Murex brandaris,
Murex Trunculus, Purpura haemastoma) tiré du rivage de la
Méditerranée. Alors qu’il est encore vivant, une sécrétion verdâtre-jaunâtre
est extraite de ses glandes de gastéropode, qui devient bleu
(le “rouge violacé” biblique), noir et rouge à la lumière du soleil. En ajoutant
des pigments d’origine végétale à l’extrait, une couleur pourpre est
obtenue. La teinture est alors traitée dans de la saumure et cuite, puis
un mordant (une substance fixatrice) est ajouté pour empêcher que la
teinture ne passe ou s’affadisse. C’est seulement alors que les écheveaux
de laine sont immergés dans la teinture et laissés à tremper pendant
plusieurs heures ». (Eilat. Encyclopaedia Biblica, vol. VIII; 544 (en
hébreu).

Image ci-contre : Un coquillage « murex », de 7,5 cm x 4 cm, vivant au large de la côte phénicienne.

Ce mot a été directement emprunté au mot latin « murex ». Un mollusque gastéropode dont on extrayait la pourpre : une sorte de rouge violacé, couleur rare et précieuse, qui était réservée aux rois et aux membres de leur famille.

De plus, des chérubins y étaient artistement brodés. Leur image apparaît ici comme leur souveraineté sur toutes les créatures célestes.

Les barres maintenaient toute la structure. Une cinquième barre était invisible, car on la glissait au cœur même des planches.
Les sacrificateurs, seuls admis dans le Tabernacle, y pénétraient par un rideau qui avait exactement le même aspect que celui qui fermait le parvis. Mêmes étoffes – mêmes couleurs. La seule différence résidait dans les proportions : celui du parvis était deux fois plus large.
Le rideau d’entrée était soutenu par cinq colonnes en bois d’acacia plaqué d’or, reposant sur des bases d’airain.

Ci-dessous : l’intérieur du lieu saint avec ses différents éléments, proposition de reconstitution en image numérique 3D. © Théo Truschel.

Nous voici maintenant à l’intérieur du Tabernacle

Le lieu saint

À gauche de l’entrée se trouvait la seule lumière qui était doucement diffusée par une lampe (menorah) à sept branches en or battu. Elle avait pour rôle d’éclairer le lieu saint. La lampe à l’extrémité de chaque branche était remplie avec de l’huile d’olive pure.
Elles devaient être remplies chaque jour et brûler continuellement. Cette menorah était utilisée exclusivement pour le service de Dieu.
À droite de l’entrée du lieu saint, la table des douze pains de proposition faite en bois d’acacia recouvert d’or. Douze pains de fleur de farine (un pour chaque tribu) y étaient disposés. Ces pains, qui servaient de nourriture aux prêtres, étaient renouvelés à chaque sabbat. Au fond, en face du « voile » de l’entrée du lieu très-saint, se trouvait l’autel des parfums recouvert d’or. Matin et soir, il servait à brûler du parfum sacré dans la présence de l’Eternel. Il symbolise par la fumée d’encens les prières de louange et d’adoration.

Nous tournons maintenant nos regards vers le fond du lieu saint derrière l’autel des parfums. Là, se trouve le « voile » qui nous sépare du lieu très-saint.
Toutefois à la différence du rideau d’entrée du parvis et de celui du lieu saint, on pouvait y voir des représentations de chérubins ouvragées finement à l’aiguille, en bleu, cramoisi et pourpre.
Le « voile » était soutenu par quatre colonnes dans lesquelles le christianisme voit les quatre Évangiles.
Toute l’année, ce « voile » restait fermé, aucun prêtre n’était autorisé à le franchir, ou même à le soulever pour jeter un regard à l’intérieur sous peine de sanction divine.

Ci-dessous : une proposition de reconstitution du lieu très-saint en image numérique 3D. © Théo Truschel.

Le lieu très-saint

Nous sommes maintenant entrés dans le lieu très-saint, celui que les Hébreux appelaient le Lieu de la « Présence divine ».
Il n’abritait qu’un seul objet positionné au centre, mais c’était l’objet le plus important du sanctuaire : L’arche de l’Alliance.
C’était un coffre de un mètre vingt cinq de long, de soixante quinze centimètres de large et autant de hauteur, fait de bois d’acacia plaqué d’or (Exode 25, 10-15).
L’arche était le signe de l’Alliance que l’Éternel avait conclue avec son peuple au Sinaï. Sa présence dans le lieu très-saint constituait la preuve que cette Alliance n’était pas imaginaire.
À l’intérieur de l’arche, Moïse avait déposé les deux « tables » de la Loi, sur lesquelles avaient été gravés les « Dix commandements (ou Dix Paroles) ».
Par la suite, on devait encore placer dans l’arche, un vase rempli de la manne qui avait servi de nourriture au peuple pendant quarante ans, ainsi que la verge d’Aaron qui avait « miraculeusement fleuri » lors de la révolte dans le désert.
Sur l’arche, aux deux extrémités, se trouvaient deux chérubins d’or, la face inclinée, dans une attitude d’adoration, vers le propitiatoire en or massif, qui était le couvercle de l’arche. Le rôle du propitiatoire était d’apaiser le courroux de Dieu et de le rendre favorable. Il portait perpétuellement les marques de sang que le grand prêtre venait chaque année répandre sur lui pour l’expiation des péchés.

le grand prêtre

Une fois par an, le Jour des Expiations, on prenait deux boucs dont l’un était immolé sur l’autel des holocaustes (dans le parvis) avec un taureau ; le grand prêtre dépouillé de son magnifique costume sacerdotal (image ci-contre) et vêtu seulement de fin lin blanc, prenait le sang du taureau et du bouc immolés et pénétrait à l’intérieur en s’enveloppant d’un voile d’encens.

Image ci-contre : reconstitution numérique du grand prêtre dans ses vêtements. © Théo Truschel.

Il fallait alors qu’il s’avance et fasse l’aspersion du sang devant et sur l’arche de l’Alliance (Lévitique 16). Le deuxième bouc était chassé dans le désert emportant avec lui tous les péchés commis par le peuple durant l’année (d’où la notion de bouc émissaire).

Pour visualiser la page concernant le grand prêtre et son costume,
ainsi que les lévites qui l’assistaient dans sa tâche  →

Pour visualiser la page concernant le pectoral porté par le grand prêtre  →

Conclusion

La fin du livre de l’Exode nous place en face d’un merveilleux spectacle. Les travaux terminés, nous lisons au verset seize du chapitre quarante, ce témoignage rendu par la Parole à la fidélité de Moïse :
« Moïse fit tout ce que l’Éternel lui avait ordonné, il fit ainsi ».
Ainsi la bénédiction était là.
« Alors la nuée couvrit la tente d’Assignation, et la gloire (Shekina) de l’Éternel remplit le Tabernacle».
(Exode 40,17, 34-35).

Image ci-contre : inauguration du Tabernacle après sa construction. © DR.

 

Une reconstitution du Tabernacle

Dans le parc de Timna à 35 km au nord d’Eilat en Israël, a été construite une réplique grandeur nature du Tabernacle biblique.
La vallée de Timna n’est pas mentionnée dans la Bible, mais les spécialistes pensent que des mines de cuivre étaient exploitées du temps de Salomon.
→  Le désert de Timna fait actuellement l’objet de fouilles archéologiques.

Image ci-contre : le Tabernacle reconstitué dans les dimensions de son époque dans le désert de Timna. © DR.

Pour en savoir plus

TRUSCHEL. Théo, La Bible et l’archéologie
Pp 64-69.
Éditions Faton, 2010, Paris.
De nombreux hors-textes richement illustrés présentent les découvertes archéologiques en Israël, en Égypte, en Irak, en Iran, et leurs interprétations parfois controversées. Ils abordent l’étude spécifique des sites (Samarie, mont Ébal, Tanis, île Éléphantine), de certaines stèles (Mésha, Tell Dan, Merenptah) et de divers objets exhumés (grenade d’ivoire).
La période étudiée couvre environ vingt siècles, depuis les patriarches et l’Alliance mosaïque du peuple hébreu jusqu’aux débuts du christianisme.

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