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Bible, Histoire, Archéologie

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Comment l’annonce de l’Évangile après la mort et la résurrection du Christ a-t-elle permis la naissance du christianisme ?

L’évangélisation

Du temps de Jésus
Le modèle est évidemment l’action du Christ lui-même. Le groupe des disciples est itinérant. Jésus se déplace « de lieu en lieu », il ne reste pas plus de deux ou trois jours au même endroit, afin d’annoncer le message du salut au plus grand nombre. Une fois formés, les disciples sont envoyés deux à deux avec des instructions très strictes : … ne pas prendre d’argent avec soi ni de bâton pour se défendre… (Luc 10,3-12 ; Matthieu 9,8-14). L’annonce est pour le moment réservée à Israël.
À côté de ce groupe limité de disciples itinérants se trouvait un autre, plus vaste, de sympathisants sédentaires. Ils continuaient à vivre chez eux, recevant le message et apportant un soutien matériel. Ainsi en est-il de Marthe, Marie et Lazare à Béthanie en Judée, ou de Zachée, ou encore de Simon le lépreux par exemple.
Les souvenirs relatifs à Jésus se sont donc transmis dans la sphère domestique d’une part et d’autre part chez les disciples qui conservaient les paroles de Jésus, tout ceci dans un contexte d’oralité qui servait cependant de référence et de norme.

Une tombe de la période hérodienne, Jérusalem. © AdobeStock 31377728.

Après la mort et la résurrection du Seigneur
La consigne de l’annonce de l’Évangile s’élargit au monde entier.
Quelles en furent les étapes ?
Le jour de la Pentecôte, le discours de Pierre ouvre à l’universalité du salut tandis que se forme une première communauté de croyants à Jérusalem, composée de Juifs et d’hellénistes de la Diaspora. La mort d’Étienne (Actes 7) est le signal de la dispersion de « tous, excepté les apôtres… » (Actes 8,1) vers la Judée, la Samarie, mais aussi la Phénicie, Chypre et Antioche.
Certains des premiers disciples deviennent alors des missionnaires itinérants, manifestant la glossolalie (= parler en langues) et ce que Paul nomme «les signes de l’apôtre » : la patience dans l’épreuve, les prodiges, les miracles (2 Corinthiens 12,12) qui sont les manifestations de la puissance de l’Esprit et l’authentification de l’apôtre comme envoyé de Dieu lors de la fondation d’un groupe de croyants.

Avec la conversion de Corneille
L’annonce de l’Évangile s’ouvre aux non-Juifs.
C’est Luc, dans les Actes des apôtres, qui nous fournit le plus d’informations sur les débuts de l’évangélisation hors d’Israël ; mais une grande partie de la mission reste exclue de sa narration et nous savons très peu de choses sur la mission en Syrie orientale, sur les origines de l’Église de Rome, d’Alexandrie et même d’Antioche pourtant point de départ des missions de l’apôtre Paul.

Image ci-contre : une vue générale du Forum à Rome. AdobeStock 13522390.

Antioche, fondée en 300 avant J.-C. est devenue en 64 avant J.-C. la capitale de la province de Syrie occidentale. C’est une ville très riche, très peuplée, troisième capitale de l’empire après Rome et Alexandrie. Il y avait là une importante colonie juive estimée à environ 10 % de la population, très influente et bénéficiant de privilèges (selon l’historien Flavius Josèphe). C’est à Antioche que la « Bonne nouvelle » fut adressée aux Grecs, dont un grand nombre se convertirent (Actes 11,21). L’exemple des disciples à Antioche a été déterminant pour l’essor d’une église constituée de Juifs et de non-Juifs, avec des manifestations prodigieuses de l’Esprit. C’est aussi à Antioche que les disciples furent pour la première fois appelés chrétiens. Le terme est formé d’un nom propre, Christos, et d’une désinence (-ianoi en grec ou –ianus en latin) qui indique l’appartenance ou la fidélité de celui qui porte le nom. L’historien et sénateur romain Tacite (58-120 après J.-C.) affirme que c’est le peuple qui les a appelés ainsi, peut-être comme un sobriquet.

Quel est le public visé ?

On peut se référer au schéma utilisé par l’apôtre Paul : il commence toujours par prêcher dans les synagogues ou il gagne une partie des assistants, puis, devant le refus et le rejet des autres Juifs, il se tourne vers les Gentils (du latin Gentiles « qui appartient à une nation », traduction habituelle de l’hébreu Goyim, nations, qui finit par désigner les non-Juifs).
Le peuple juif en Israël est le premier destinataire.

Image ci-contre : Devant le Kotel, des Juifs orthodoxes célèbrent la fête des Tabernacles (Souccot).
Elle commémore le séjour du peuple hébreu dans le désert. © Todd Bolen.

Viennent ensuite les Juifs de la Diaspora. Ils se réunissaient pour la lecture de la Torah, accompagnée d’homélie et d’exhortations et pour discuter des problèmes de la communauté. Le terme « synagôgê » désignait au départ la réunion, avant d’indiquer le lieu où elle se tenait. Ceux qui en avaient les moyens se rendaient en pèlerinage à Jérusalem à l’occasion des Trois grandes fêtes juives (Shalosh Regalim), la Pâque (Pessah), la  Pentecôte (Chavouot) et la fête des Tabernacles (Souccoth), d’où leur présence lors de la Pentecôte ; ils y avaient leurs propres synagogues (Actes 6,9). Parmi eux on distinguait les « hellénistes », de culture grecque et d’autre part ceux qui étaient romanisés : il y eut à Rome une quinzaine de synagogues dont cinq au moins remontent au Ier siècle, trois avaient été fondées par des affranchis et certaines étaient sous le patronage de princes de la maison impériale.
On a affaire aussi aux prosélytes. Un prosélyte est quelqu’un qui, étymologiquement, « est venu vers, s’est approché ». Il a embrassé le judaïsme et toutes ses obligations : c’est certainement le cas de l’eunuque éthiopien venu à Jérusalem « pour adorer Dieu » ; on trouvait dans cette catégorie beaucoup de femmes de condition élevée. Toutefois ces personnes n’étaient pas considérées comme juives même si ce statut les amenait à observer les commandements notamment en matière de circoncision, de nourriture et de règles de pureté, ce qui avait l’inconvénient de les isoler socialement.
À côté, on trouve les « craignant-Dieu » (theosebeis) : ce sont des Gentils qui sympathisent avec le judaïsme sans y adhérer pleinement. Ce statut les obligeait seulement à observer les Lois noachiques (Genèse 9,1-11) c’est-à-dire une sorte de loi naturelle que Dieu demande à tous les êtres humains de respecter ; on en a plusieurs exemples : Justus à Corinthe, chez qui loge Paul, Lydie à Thyatire, ou Phoebée à Cenchrées… Cette catégorie va être très importante pour la diffusion de la foi chrétienne hors d’Israël.
Enfin l’essentiel de ceux que l’on veut atteindre sont les Gentils, c’est-à-dire toutes les populations non juives, aussi qualifiées de païens ou de barbares.

Origine des croyants

L’onomastique nous révèle la diversité d’origine des croyants : des esclaves (Onésime), des affranchis (Lucianus), des soldats (Corneille), des artisans et commerçants (Lydie, Aquilas et Priscille), des enseignants (École de Tyranus), des notables (Éraste, trésorier de la ville), des personnages proches de la cour (Menahen, élevé en compagnie d’Hérode Antipas)…
Cependant, la plus grande partie des fidèles semble être d’origine modeste : « … il n’y a ni beaucoup de puissants, ni beaucoup de nobles… » écrit Paul (1 Corinthiens 1,26).

Comment ?

On peut imaginer ces premiers chrétiens dispersés en petits groupes, aux marges des synagogues, regroupés en « maisons » (oikoï). Il s’agit de groupes domestiques constitués de toutes les personnes vivant ensemble sous l’autorité d’un chef de famille. Ce sont les « églises domestiques », piliers et relais de la diffusion du message de l’Évangile. Les croyants s’y réunissaient pour célébrer le culte et la Cène, avec des manifestations charismatiques.

Image ci-contre : un des plus anciens baptistères paléochrétiens en France, mis au jour sur le site de la ville antique de Cemenelum (dans la Nice actuelle). Il est daté du IVe – Ve siècle. On distingue bien les marches qui permettaient au néophyte de descendre dans la cuve pour être immergé, selon la coutume de l’Église du Ier siècle.
Musée archéologique, Nice-Cemenelum. © Théo Truschel.

Nous pouvons en connaître un certain nombre par les salutations de Paul dans ses Épîtres, par exemple à la « maison de Stephanas » et à l’église (ekklésia) qui s’y réunit. À Rome, outre l’atelier de tisserand dirigé par Aquilas, Paul connaît un groupe proche de la cour, qui appartient à la maisonnée de l’affranchi impérial Narcisse, et un autre dans la maison d’un immigré oriental, Aristobule, peut-être de la maison d’Hérode (Romains 16,10-11 ; Philippiens 4,22).
Nous avons donc le témoignage selon lequel l’église d’une localité est constituée d’un groupe limité de personnes se réunissant dans des maisons particulières. Ces groupes avaient le statut d’associations privées, bien attesté dans le monde romain, notamment pour la célébration de cultes religieux. Dans certaines circonstances (passage d’un missionnaire ou lecture d’une lettre), les différentes églises se réunissaient toutes ensemble, par exemple à Corinthe : « … toute l’église qui se réunit chez Gaius… » (Romains 16,23).
Organisée de façon identique, partageant la même foi, ces églises sont cependant autonomes et parfois très différentes dans leurs coutumes et les aspects de la discipline.
Un point déterminant pour le succès du christianisme fut sans aucun doute son activité de bienfaisance : aides aux précaires et aux veuves, soutien lors de famines, d’épidémies, des séismes, garantie d’une sépulture pour les plus démunis… le partage des ressources a su attirer les fidèles.

Diffusion géographique des églises au 1er siècle

Nous ne connaissons que les régions et localités attestées par les sources, les églises locales ont dû être plus nombreuses. L’expansion géographique est mieux connue pour la zone de l’Asie Mineure où l’on peut la suivre, de génération en génération, au fil des textes néotestamentaires sur près d’un siècle, et des écrits des Pères apostoliques ; nous avons aussi les remarques des gouverneurs romains ou des intellectuels grecs ainsi que l’apport de l’archéologie.
Dès l’origine, le christianisme a été une religion missionnaire, pour accomplir sa mission elle a suivi les routes de l’Empire romain en s’implantant dans des colonies romaines, notamment les capitales régionales (Antioche, Paphos, Éphèse, Corinthe…). Il a su utiliser aussi les ressources offertes par les réseaux familiaux et les réseaux d’affaires, de ville en ville.
Églises attestées jusque vers l’an 100 : toutes celles que l’on retrouve dans les Actes des Apôtres, les Épîtres et l’Apocalypse dont quelques centres majeurs : Jérusalem qui perd de son importance après 70 tout en restant très honorée, Antioche (dès les années 30 après J.-C.) et Rome (vers 40 après J.-C.), Alexandrie et Édesse sont plus tardives.

Image ci-contre : une reconstitution de Jérusalem au temps d’Hérode le Grand au Musée d’Israël, Jérusalem. DR.

Les aires géographiques sont les suivantes : Palestine, Phénicie, Syrie, Chypre, toutes les provinces romaines de l’actuelle Turquie, et la Grèce.
Pour ce qui est du nombre des fidèles, il est très difficile à quantifier, ce qui est sûr c’est que la majorité des chrétiens se concentrait dans les zones urbaines.

L’Église d’Antioche

L’Église Saint-Pierre (araméen : Knisset Mar Semaan Kefa, en turc : Senpiyer Kilisesi, église de la grotte Saint-Pierre) près d’Antioche (aujourd’hui Antakya), en Turquie, comporte une grotte creusée dans le Mont Starius avec une profondeur de 13 m, une largeur de 9,5 m et une hauteur de 7 m. Selon la tradition, cette grotte utilisée probablement par les chrétiens du Ier siècle, est l’une des plus vieilles églises du christianisme. Les parties les plus anciennes, fragments de fresques et de mosaïques au sol, qui ont survécu, datent au moins du IVe ou du Ve siècle.
La vie de l’Église d’Antioche est relatée dans les Actes des Apôtres (11,25-27) :

… Barnabas se rendit ensuite à Tarse, pour chercher Saul (11,25) ; et, l’ayant trouvé, il l’amena à Antioche. Pendant toute une année, ils se réunirent aux assemblées de l’Église, et ils enseignèrent beaucoup de personnes. Ce fut à Antioche que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens …  (11,26-27).

En 1098, Les Croisés de la première croisade allongèrent l’église de quelques mètres et la relièrent par deux arches à la façade qu’ils avaient construite. Les frères capucins ont restauré l’église et reconstruit la façade en 1863.

Image ci-contre : l’Église d’Antioche (aujourd’hui Antakya, en Turquie) fondée, selon la tradition, par l’apôtre Pierre. © DR.

L’organisation interne des églises

Église : vient du latin ecclesia, en grec ekklesia – du verbe ekkaleô « appeler au-dehors, appeler à sortir », qui dans la Septante, traduit toujours le terme hébreu qâhâl formé sur une racine qui signifie « réunir ». Les premiers fidèles ont repris le terme pour désigner l’assemblée des croyants. Au départ, le mot concerne la réunion concrète du groupe, puis l’église locale.
Alors que les premiers témoins pensaient que la Parousie (= le retour du Christ) était imminente, l’idée que le message de l’Évangile doit d’abord être annoncé au monde entier fait son chemin et qu’il nécessite du temps ; il faut alors organiser les églises dans la durée.
Quelles sont les différentes fonctions dans le gouvernement de l’Église ? Paul mentionne déjà : « … les apôtres, les prophètes et les docteurs… » (1 Corinthiens 12,28-31).

Image ci-contre : une homélie sur l’Évangile de Jean ou l’Épître de Paul aux Corinthiens.
Col III. H. 23,8 cm ; L. 11 cm. Inv. 828 verso ; Origène ? Pierre Bouriant 3 ; vH 693.
© Institut de Papyrologie de la Sorbonne, Paris.

L’apôtre est un itinérant, il ne fait que passer dans la communauté et doit obéir à des critères très stricts que l’on retrouve dans la Didaché (Enseignement des douze apôtres, recueil du début du IIe siècle de normes éthiques et liturgiques) : leur mode de vie, extrêmement précaire doit être « celui du Seigneur », l’objectif est de prémunir la communauté d’aventuriers qui pourraient l’exploiter.
Les prophètes communiquent à l’Église des messages dont l’origine divine est acceptée, car le prophète lui-même est reconnu comme « revêtu d’En Haut » (exemple d’Agabus qui prédit une grande famine dans Actes 11,27-29) ; leur autorité se situait ainsi par définition au-dessus de toute autre autorité présente dans l’Église. Pour éviter ce dilemme et face à la multiplication des théologies « déviantes » au début du IIe siècle, la Didaché pose comme principe que le prophète ne peut être accueilli que si son enseignement est conforme aux normes qu’elle a recueillies, présentées comme venant directement des apôtres et donc comme étant la doctrine originelle.
Les docteurs, pour leur part, étudient et interprètent les Écritures, transmettent les traditions, élaborent la théologie qui deviendra l’orthodoxie, mais à l’opposé les «doctrines » hérétiques apparaissent.
Les Actes supposent l’existence d’un collège de presbytres (= Anciens) à la tête de l’église de Jérusalem (l’institution d’un conseil des Anciens (prebyteroi qui donnera prêtres) était courant dans les communautés juives). Paul de même institue des épiscopes (oikonomos = intendant, administrateur, surveillant terme qui va donner : évêque) et des presbytres qui semblent interchangeables dans la lettre à Tite (1, 5-9). À la fin du Ier siècle, on avait à Rome et à Corinthe une direction collégiale attestée de presbytres/épiscopes assistés de diacres (Lettre de Clément de Rome aux Corinthiens) et pas encore d’évêque unique.
Le mono-épiscopat prit place à un moment où le courant charismatique est devenu résiduel et marginal, sans doute vers la fin du IVe siècle, lorsque le christianisme devint religion d’empire ; Jean Chrysostome avoue son ignorance de ce que fut la glossolalie, tandis que Grégoire de Naziance exprime des doutes sur l’existence de charismes dans l’Église de son temps.
Ainsi, peu à peu, les épiscopes et les presbytres ont pris la place des prophètes et des enseignants en tant que détenteurs du pouvoir. Puis, au cours du IIe siècle, la direction collégiale disparaît progressivement au profit d’un évêque unique qui se fait reconnaître une autorité supérieure, ce que l’on nomme le mono-épiscopat. Les épiscopes sont présentés comme les successeurs des apôtres, en s’appuyant sur une citation d’Ésaïe 60,17, modifiée pour y insérer les diacres et justifier l’ordre hiérarchique de l’Église : évêque – prêtre – diacre. Hégésippe (vers 150, cité par Eusèbe de Césarée dresse une liste de la succession des évêques à qui l’épiscopat aurait été conféré par les apôtres. Les évêques sont considérés comme les garants et les gardiens du « dépôt de la foi », le pouvoir d’ordination (imposition de main pour transmettre la charge d’un ministère) leur revient. Pour la première fois aussi, la lettre de Clément de Rome parle des « hommes du peuple », pour les distinguer de ceux qui sont prêtres, faisant une distinction dans l’Église entre les fidèles et le clergé ; l’antique système des églises domestiques est également remis en cause par Ignace d’Antioche qui condamne ceux qui célèbrent l’eucharistie ou même d’autres activités ecclésiales, en dehors de la présence de l’évêque.
Des structures locales simples, mais solides, des liens entre les communautés de plus en plus formalisés par les courriers entre évêques et la tenue de synodes (assemblées convoquées par un évêque pour discuter de problèmes de gestion ou de doctrine) : cette organisation a favorisé le développement et la survie de la foi nouvelle contre les divers assauts des hérésies, mais aussi, au IIIe siècle, des violentes persécutions impériales.

Pour en savoir plus

NORELLI EnricoLa naissance du christianisme,
Comment tout a commencé.
Cette synthèse, remarquable et accessible, sur les débuts du christianisme nous conduit des années de prédication de Jésus en Galilée et en Judée,…
Collection Folio histoire.
Éditions Bayard, 2015 pour la traduction française.

Pour en savoir plus

BASLEZ Marie- FrançoiseComment notre monde est devenu chrétien
En trois siècles, le christianisme, religion minoritaire, illégale et parfois persécutée, dispersée et très hétérogène, a acquis le statut d’une puissante religion d’empire dotée d’une Église unifiée…
Collection Points histoire.
Éditions CLD, 2018.

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