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Bible, Histoire, Archéologie

Bible,
Histoire,
Archéologie

Le déchiffrement de l’écriture hiéroglyphique égyptienne

Introduction

La Bible et l’archéologie se sont rencontrées au travers de trois importantes découvertes:
La première découverte est le déchiffrement des hiéroglyphes en 1822 par Jean-François Champollion (1790-1841). Il s’agit du décret de Ptolémée V, 196 avant J.-C.
Ce déchiffrement s’est surtout opéré d’après un dessin relevé d’une stèle appelée la Pierre de Rosette découverte à Rosette, dans le Delta du Nil en Égypte par un officier de l’armée française et remise aux Anglais comme un tribut de reddition lors de la campagne militaire de Bonaparte en Égypte (1798-1801). Cette campagne a permis, malgré tout, une avancée dans la connaissance scientifique, culturelle et artistique de l’ancienne civilisation égyptienne par les quelques 167 savants qui accompagnaient l’armée française comme le mathématicien français G. Monge ou le chimiste français C. L. Berthollet et aussi Dominique-Vivant Denon qui devint le premier directeur du musée du Louvre. Cette expédition de scientifiques et d’intellectuels va brosser le premier tableau complet de l’Égypte, lever des cartes.
Le déchiffrement des hiéroglyphes a été comme une porte qui s’est ouverte sur l’histoire de l’Égypte antique. Les fresques qui recouvraient les palais, les monuments, les temples nous devenaient enfin compréhensibles. Ces éléments qui servent de toile de fond où plusieurs épisodes de l’histoire biblique donnent un nouvel éclairage et une meilleure compréhension des Écritures.
Il est intéressant de noter aussi que le mot pharaon, apparu sous le Nouvel Empire (vers 1550-1069 avant J.-C.), nous a été transmis par la traduction grecque de la Bible, la Septante, et provient de l’égyptien per-aâ, qui signifie littéralement la «grande maison», le «palais». Ce terme a fini par se confondre avec la personne du roi, un peu comme les Français disent l’«Élysée» pour désigner à la fois la résidence du Président de la République, la fonction présidentielle et le Président lui-même.

Image ci-contre : proposition de reconstitution de la stèle d’origine avec le fragment découvert de la Pierre de Rosette. © DR.

Sa présentation

La Pierre de Rosette se présente sous la forme d’un fragment de stèle gravée portant trois versions d’un même texte. L’inscription qu’elle comporte est un décret promulgué à Memphis par le pharaon Ptolémée V en 196 avant J.-C. Le décret est écrit en deux langues (égyptien ancien et grec ancien) et trois écritures : égyptien en hiéroglyphes, égyptien démotique et alphabet grec (voir ci-dessous).

Image ci-contre : un feuillet d’étude sur les hiéroglyphes égyptiens par J.F. Champollion. Musée de Figeac. © Théo Truschel.

La pierre a une dimension de 112,3 × 75,7 cm et 28,4 cm d’épaisseur. La stèle est en granodiorite, un matériau fréquemment assimilé à tort à du basalte ou du granite.
Exposée à l’origine dans un temple, la stèle est probablement déplacée au début de l’ère chrétienne ou durant le Moyen Âge, et par la suite utilisée comme matériau de construction pour des fortifications dans la ville de Rosette, dans le delta du Nil, fort rebaptisé par Bonaparte, Fort Jullien, en souvenir de son aide de camp Thomas Prosper Jullien mort durant la campagne. Elle est redécouverte, dans ce fort, le 15 juillet 1799 par un officier français, le lieutenant Pierre-François-Xavier Bouchard, lors de la campagne d’Égypte de Bonaparte. Premier texte égyptien bilingue connu, la Pierre de Rosette éveille rapidement l’intérêt du public en raison de son potentiel pour la traduction des langues de l’Égypte ancienne jusque-là indéchiffrées. Des copies et moulages circulent parmi les musées et les savants européens. Pendant ce temps, Bonaparte est défait en Égypte et la pierre originale devient possession britannique en 1801. Transportée à Londres et exposée au British Museum dès 1802, elle est l’un des objets phares de ce musée.

Sa traduction

La première traduction du texte en grec est réalisée dès 1803. Il faut cependant attendre près de vingt ans avant que le déchiffrage des hiéroglyphes ne soit annoncé par Jean-François Champollion, à Paris, en 1822, et plus encore avant que les érudits ne soient capables de lire les inscriptions égyptiennes antiques avec assurance.

Image ci-contre : à proximité du Musée des Écritures de Figeac, Joseph Kosuth a créé une immense reproduction de la Pierre de Rosette qui s’inscrit remarquablement dans l’architecture de la ville de Figeac. Les trois écritures hiéroglyphique, démotique et grecque sont disposées au sol. Cette représentation de l’écriture dans l’espace urbain est une véritable métaphore de l’œuvre de Champollion qui a consacré sa courte existence au sens caché des hiéroglyphes et à la connaissance de leur milieu culturel et social. © Théo Truschel.

Les principales étapes de déchiffrement ont été :
– la reconnaissance que la pierre comporte trois versions du même texte (en 1799) ;
– le fait que le texte en démotique retranscrit phonétiquement des noms étrangers (1802) et que le texte en hiéroglyphes fait de même et comporte d’importantes ressemblances avec le démotique (Thomas Young, 1802) ;
– enfin, la compréhension que le texte en hiéroglyphes utilise des caractères phonétiques également pour écrire des mots égyptiens (Champollion, 1822-1824). Depuis sa redécouverte, la pierre de Rosette est l’objet de nombreuses rivalités nationales, dont le changement de propriété de la France à l’Angleterre durant les guerres napoléoniennes, de longues polémiques sur les apports respectifs de Young et Champollion à son déchiffrement, auxquelles il faut ajouter, depuis 2003, la demande par l’Égypte d’un retour à son pays d’origine.

Deux autres exemplaires fragmentaires du même décret sont découverts plus tard, ainsi que plusieurs textes égyptiens bilingues ou trilingues, dont deux décrets ptolémaïques (en) légèrement plus anciens (le décret de Canope et le décret de Memphis). Ainsi, la pierre de Rosette n’est plus une pièce unique, mais son rôle a été essentiel dans la compréhension moderne de la littérature de l’Égypte antique et, plus généralement, de sa civilisation.

Une vue de Guizet et ses trois pyramides : Khéops, Khéphren et Mykérinos, à 25 km du Caire, Égypte. © Marcel Winger.

La deuxième découverte

La deuxième découverte est le décryptage des écritures cunéiformes qui sont l’écriture des civilisations sumériennes, assyriennes, babylonienne, médo-perse, etc. L’approche s’est faite au début du XIXe siècle par G. F. Grotenfed qui commença les premiers travaux de déchiffrement des trois langues cunéiformes : le vieux perse, l’élamite et l’akkadien (babylonien).

La troisième découverte

La troisième découverte est la trouvaille fortuite par une paysanne, en 1887, de plus de 350 tablettes d’argile en écriture cunéiforme dans le site de Tell El-Amarna, en Égypte, qui était l’ancienne capitale du pharaon Aménophis IV appelé aussi Akhenaton.

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