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Bible, Histoire, Archéologie

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Salmanasar III, fils d’Assournasirpal, règne approximativement de 859 à 824 avant J.-C. C’est un homme énergique et le premier souverain assyrien à entrer en conflit avec les Israélites.
Dès la première année de son règne, il se met en campagne, franchit l’Euphrate, ravage le royaume hittite jusqu’à la Grande Mer (mer Méditerranée). Pour s’opposer à ses invasions, les Syriens, forment une ligne de front englobant Damas, Hamath et douze rois du littoral, plusieurs nations voisines, dont celle d’Israël, renforcent cette coalition.

les batailles de Salmanasar III

Vers 885 avant J.-C., l’armée de Damas et l’armée d’Achab se joignent pour combattre Salmanasar III à Qarqar. Salmanasar III prétend avoir gagné la bataille et pourtant il ramène son armée à Ninive. Dans ses Annales, il indique avoir détruit « 10 000 hommes d’Achab l’Israélite ». Trois ans plus tard, le roi d’Assyrie se remet en campagne mais la coalition l’arrête. L’année suivante, la 11e année de son règne, il pille de nombreuses villes du royaume du Hamath mais il est tenu en échec. La 14e année de son règne, il écrase la coalition et la 18e année, vers 842 avant J.-C., il vainc Hazaël de Damas. C’est vraisemblablement à cette époque que l’on situe le paiement de tribut par les rois de Tyr, de Sidon et par Jéhu, roi d’Israël. Salmanasar III bâtit le «palais sud-est» dans la citadelle de Kalkhu. Hors les murs, il édifie l’ekal masharti (surnommé « fort Salmanasar »), l’arsenal des armées assyriennes.

Image ci-contre : statue de Salmanazar III. L’incription :
… Salmanazar, le grand roi, le roi puissant, roi de toutes les quatre régions, … le puissant rival des princes de la terre entière (l’univers) les grands, les rois, fils d’Assur-Nasirapli, roi de l’univers, roi d’Assyrie, petit-fils de Tukulti-Ninura, … Musée d’Istanbul, Turquie. © Gryffindor.

C’est sur le site archéologique de Kalkhu (aujourd’hui Nimrud), la Kalah biblique, que l’archéologue anglais Henry Layard découvre en 1846 un monolithe de calcaire noir lors de fouilles archéologiques au nord de l’Irak. Il s’agit d’un obélisque de 1,98 m de haut et de 0,45 m de large, dont le faîte apparaît en tant que façade de temple mésopotamien. Cet impressionant obélisque est exposé aujourd’hui au British Musem de Londres.
Ses quatre faces sont couvertes de hauts reliefs et d’inscriptions cunéiformes. Après étude des textes et des dessins gravés, il s’avère que cet obélisque date du règne de Salmanasar III et semble avoir été dressé en 825 avant J.-C. en période de guerre civile. Les textes et les hauts reliefs concernent les campagnes militaires du roi au cours des trente-trois années de son règne, ainsi que les tributs versés par les pays voisins, comprenant, entre autres, divers animaux (chameaux, singes, rhinocéros et éléphants) et végétaux exotiques.

L’obélisque noir de Salmanasar III avec ses cinq rangées.
Au bas de la stèle, on peut encore lire : … tribut de Jéhu, fils d’Omri : j’ai reçu de lui de l’argent, de l’or, une coupe d’or, un vase en or avec un fond marqué, des gobelets en or, des tableaux en or, des barres en or, un bâton pour la main du roi, et des javelots ….  © Théo Truschel.

les inscriptions de l’obélisque noir

Au sommet et à la base de l’obélisque, sur ses quatre faces, sont inscrites 190 lignes concernant les principaux événements de ses campagnes militaires de Cilicie au golfe Persique, de la Méditerranée à Élam et, en particulier, les campagnes à l’encontre d’Adad-Idri de Damas, vraisemblablement le Ben Hadad Ier de la Bible, en 853 et 848 avant J.-C., ainsi que celles menées à l’encontre du roi de Damas Hazaël en 841 et 838. Les hauts reliefs sculptés de ce monument se divisent en cinq scènes de tribut, comprenant chacune quatre panneaux successifs suivant le tour de l’obélisque, ainsi qu’une ligne de signes cunéiformes en tant que légende du sujet représenté.
En ce qui concerne la deuxième scène, il est intéressant de constater un événement, qui n’est pas mentionné dans la Bible mais qui la complète. Il s’agit du tribut offert par Jéhu, roi d’Israël, à Salmanasar III vers 841 avant J.-C.

Concernant Hazaël et Jéhu, Salmanasar III déclare :
Dans la dix-huitième année de mon règne, j’ai traversé pour la seizième fois l’Euphrate. Hazaël de Damas mit sa confiance dans sa grande armée, et rassembla ses nombreuses troupes, choisissant le mont Sénir (Saniru), en face du Liban, comme forteresse. Je le combattis et lui infligeai une grande défaite, tuant par l’épée 16 000 de ses soldats les plus expérimentés.
[…] J’allai alors jusqu’aux monts de Balisari, près de la mer, et là, j’élevai une stèle, sur laquelle je gravai mon image en tant que roi.
C’est à cette époque que je reçus le tribut des habitants  de Tyr et de Sidon, et de Jéhu, fils d’Omri.

Les conquêtes mentionnées sur l’obélisque

1. Sua de Gilzanu : Gilzanu se situe en Arménie, à l’est du lac Ourmia.
2. Jéhu de Bit Omri : Bit Omri représentant le royaume d’Israël.
3. Un souverain anonyme de Musri : le territoire nommé Musri est obscur, car son sens littéral correspond à « terres frontalières » ou à « frontières ». Toutefois, si l’on en croit l’un des animaux offerts à Salmanasar III, l’hippopotame, il s’agirait de l’Égypte.
4. Marduk-apil-usur de Suhu : Suhu se situe dans les régions du centre de l’Euphrate, à savoir des terres de Syrie et d’Irak.
5. Qarparunda du Patin : le Patin, anciennement nommé Hattin, comprenant des territoires du nord- ouest de la Syrie jusqu’en bordure de la Turquie.

Sur la deuxième rangée (en partant du haut) de l’obélisque, le roi Jéhu apparaît prosterné devant Salmanasar III. Le monarque assyrien est accompagné de deux serviteurs et se tient avec les symboles d’Assour et d’Ishtar, dans la section supérieure. Derrière Jéhu, sur les autres faces de l’obélisque, dans la même rangée, treize Israélites l’accompagnent en portant le tribut pour le déposer aux pieds du roi assyrien. © Marc Truschel.

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