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Le tribut à César

Présentation

Denier de l’empereur romain Tibère, monnaie d’argent en vigueur à l’époque de Jésus de Nazareth et frappé vers 15/20 après J.-C.

Lecture :
« Dis-nous donc ce que tu en penses : Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César?
Mais Jésus qui connaissait leur malice répondit : Pourquoi me mettez-vous à l’épreuve, hypocrites?
Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier.
Il leur demanda : de qui sont cette effigie et cette inscription ?
De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu.»
Évangile de Matthieu 22,17. Version Segond 1978

Avers : TI CAESAR DIVI AVG F AVGVSTVS
Tiberius Caesar Divi Augusti Fili Augustus
(Tibère César fils du divin Auguste)

Revers : PONTIF MAXIM
Grand pontife
Figure féminine (Livie, épouse de Tibère? ou la Paix) assise à droite,
tenant une branche d’olivier de la main gauche et de la droite un long sceptre.
©  Théo Truschel. Collection particulière.

La subtilité de la question

La question que les pharisiens, les docteurs de la Loi et les Hérodiens (parti politique soutenant la dynastie hérodienne) ont posée à Jésus (Luc 20, 26 nous précise « devant le peuple ») était en fait un véritable piège : soit Jésus répondait par la négative, et il aurait été dénoncé aux Romains comme incitant les Juifs à se soulever contre Rome ; soit il répondait positivement, et il aurait été disqualifié aux yeux du peuple qui supportait mal le joug des Romains et leurs impôts sur le pays. Avec cette réponse il ne pouvait apparaître comme le Messie espéré puisqu’il aurait été assimilé à un collaborateur des Romains. Ainsi, Jésus renvoie-t-il dos à dos ses adversaires.

Image ci-contre : Rome, musée Ara Pacis. Moulage d’un portrait de l’empereur Tibère de la collection de moulages de bustes montrant les membres de la dynastie Julio-Claudienne. © Giovanni Dall’orto.

De plus, une telle monnaie, frappée du portrait de l’empereur Tibère (buste ci-contre), était considérée comme un blasphème par les Juifs orthodoxes : non seulement parce qu’elle comportait une représentation, en infraction avec le second commandement de la Loi sinaïtique (« Tu ne te feras pas d’image taillée »), mais aussi parce qu’elle ne respectait pas le principe du monothéisme, l’inscription mentionnant également pour Tibère le titre de César comme fils du Divus Augustus (du divin Auguste).

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