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Bible, Histoire, Archéologie

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Le manuscrit du Caire

Le manuscrit du Caire

Juillet 2017, Le Caire. Le chercheur israélien, Yoram Meital, dans le cadre de ses recherches sur les synagogues de la capitale égyptienne, découvre presque par hasard dans le quartier d’Abbasiya, un codex biblique dans la synagogue karaïte Moussa Der’i. Ce codex se révèle un des plus vieux manuscrits bibliques connus. La découverte exceptionnelle n’est annoncée dans la presse spécialisée que tout début mars 2020.

Image ci-contre : le chercheur israélien Yoram Meital. © DR.

Pourquoi tant de silence et de précaution dans l’annonce de cette nouvelle ?

L’analyse du manuscrit

Le manuscrit de 313 feuillets est très ancien. Le parchemin fait 36,4 sur 34,6 centimètres. Il remonte au XIe siècle et s’inscrit dans la ligne directe de l’école massorétique de Ben Asher (voir codex de Leningrad et le codex d’Alep). Seulement huit codices sont connus remontant à ce siècle tourmenté, qui fut celui, rappelons-le, du début des croisades en Terre sainte. Il est signé par Zachariah ben Anan en 1028 de notre ère.

Image ci-contre : la présidente de la communauté juive égyptienne, Magda Shehata Haroun, à la synagogue Shaar Hashamayim du Caire, également connue sous le nom de Temple Ismailia ou synagogue Adly, le 3 octobre 2016. © Khaled Desouki/AFP.

Le document recouvre l’intégralité de la partie des Ketouvim.
La Torah est habituellement divisée en trois parties dans le monde juif. Le Houmash ou Pentateuque, les Neviim ou Prophètes et les Ketouvim ou Écrits, qui regroupe notamment les Psaumes, l’Ecclésiaste et les documents dits historiques.
Le manuscrit a été conservé religieusement par la communauté karaïte du Caire durant tous ces siècles. Il servait de guide lors de litiges sur la lecture ou la compréhension de certains passages de la Torah. Parmi d’autres singularités, le texte biblique a la particularité de ne pas être lisible au premier abord à cause de l’absence du système des points et annotations que les Massorètes ont mis en place vers le Xe siècle. Certains estiment même que cette transcription phonétique est plus ancienne encore.

Image ci-contre : l’intérieur de la synagogue Shaar Hashamayim du Caire, connue également sous le nom de synagogue de la rue Adly – le plus grand lieu de culte juif d’Égypte. © Larry Luxner/ Times of Israel.

Retenons que tout le monde juif d’aujourd’hui et d’hier a considéré le système massorétique comme faisant autorité pour lire et comprendre le texte. Maïmonide lui-même, qui a vécu au Caire au XIe siècle, a travaillé son Mishneh Torah à partir du codex célèbre dit d’Alep.

Image de gauche, le Psaume 150 (Hallelouelbekadsh) et à droite, le début du Psaume 149 (Ashrei Haish). © DR.

Conclusion

C’est une découverte d’autant plus exceptionnelle qu’on avait perdu sa trace depuis quarante ans, date de son dernier recensement par une équipe dépêchée d’Israël pour identifier et étudier formellement tous les trésors juifs du Caire. Au regard de l’immense intérêt pour ne pas dire la convoitise que suscite ce manuscrit, le chercheur israélien avec ses contacts égyptiens sur place ont décidé de cacher ce texte pour éviter à nouveau sa disparition voire sa perte.
Il devrait être à nouveau exposé dans un lieu sûr au Caire dédié à ses trésors juifs, car comme la loi égyptienne le précise, ces objets sont la propriété de la communauté juive cairote.

Une vue intérieure de la synagogue Ben Ezra du Caire. © Chema Grenda.

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