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Bible, Histoire, Archéologie

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La fin du royaume du Nord (Israël) en 722/721 avant J.-C.

Entre -740 et -730, l’Égypte n’a pas les moyens d’intervenir en Canaan alors que commence la grande expansion de l’Assyrie avec Téglath-Phalasar III (-745-727). À la même époque, le royaume du Nord sombre dans l’anarchie : Jéroboam II vient de mourir (743) et, en dix ans, cinq rois vont se succéder à Samarie (cf. 2 Rois 15,8-31) plongeant le pays dans la guerre civile. Il n’est donc pas question de résister à l’Assyrie : Menahem paie tribut en -738, comme le notent la Bible (2 Rois 15, 19-20 et les Annales assyriennes).
Mais la crise continue dans le royaume : Pékachia, qui succède à Menahem, est assassiné par Pékach (2 Rois 15, 25), après seulement deux ans de règne.
Pour une meilleure compréhension :

On peut consulter le tableau chronologique des rois des royaumes du Nord et du Sud →

Avec Damas et d’autres petits États de la région, Pékach forme une coalition contre l’Assyrie, dans laquelle il voudrait entraîner aussi le roi de Juda, Achaz. Devant le refus de celui-ci, Damas et Israël marchent contre Jérusalem (cf. 2 Rois 16, 5 ; Isaïe 7-8). Pour résister à ses ennemis, Achaz fait alors appel à Téglath-Phalasar (2 Rois 16, 7-9) en dépit des conseils du prophète Isaïe (ou Ésaïe).

Image ci-contre : un guerrier d’infanterie assyrienne, avec lance et bouclier, faisant partie d’une armée assyrienne attaquant les murs d’une ville égyptienne antique, rendu 3d. © Oliver Denker 1776060917.

Le roi d’Assyrie accourt ; il s’empare de Damas (-732) et d’un certain nombre de cités de Galilée (2 Rois 15,29) et il aurait probablement détruit tout le royaume du Nord si Pékach n’avait été assassiné par Osée (2 Rois 15,30), qui se rend immédiatement et paie tribut (2 Rois 17,3 ; ainsi que les Annales assyriennes).

Image ci-contre : une représentation de Téglath-Phalasar III. © Théo Truschel.

Mais à la mort de Téglath-Phalasar III (727), Osée se révolte et refuse de payer tribut (2 Rois 17,1-4) pensant pouvoir compter sur l’aide de l’Égypte, en vain. Salmanasar V attaque, et malgré la reddition d’Osée (724), il occupe le pays. Samarie résiste pendant deux ans, mais en 722/721 la ville est prise et ses habitants sont déportés (2 Rois 17,5), tandis que des populations d’autres régions de l’Empire assyrien sont implantées ; mêlées aux survivants du royaume du nord, elles deviendront les futurs « Samaritains » (cf. 2 Rois 17,24).

Pour découvrir l’Histoire des Samaritains →

L’archéologie montre que plusieurs villes israélites ont vu leur taille réduite, voire être abandonnées et on en conclut à une forte diminution de la population. En Juda, au contraire, à la même époque, on constate une croissance démographique, que l’on attribue à l’afflux des réfugiés.

Des soldats assyriens amassant du butin et des têtes de vaincus. Palais Nord de Ninive. ©  Théo Truschel.

La fin du royaume du Sud (Juda) en -587

En refusant d’entrer dans la coalition anti-assyrienne (2 Rois 16,7) et par son appel à Téglath-Phalasar, Achaz avait assuré momentanément la survie de Juda, mais il était désormais vassal de l’Assyrie avec toutes les conséquences que cela impliquait (cf. 2 Rois 16, 7-18).

Image ci-contre : une représentation du roi Sargon II. © Musée de Turin.

Pendant un siècle et demi environ, le royaume de Juda va donc subsister et il essaiera, le cas échéant, de profiter des moments de faiblesse de l’Assyrie pour retrouver une certaine autonomie. Mais pour le moment, Sargon II (-722/1-705) continue la politique de son père et consolide sa position sur la côte méditerranéenne. En -720, il bat les Égyptiens et leurs alliés Philistins, à Rafah.

En Juda, deux rois vont marquer l’histoire et donner au royaume ses dernières années de liberté et de grandeur : Ézéchias et Josias.

Le règne d’Ézéchias

Ézéchias (2 Rois 18,1) succède à Achaz en -715. Avec prudence, il concentre d’abord son effort sur le renouveau religieux et moral de Juda. Grâce à sa fidélité à Yahvé et à un nationalisme intransigeant, il espère rallier les Israélites du nord, restés dans le pays, ainsi que ceux qui se sont réfugiés en Judée. À l’époque d’Ezéchias, signe de ce développement, Jérusalem se dote d’un nouveau quartier, sur la colline ouest et les traditions du nord vont venir se confronter à celles de Juda.

Image ci-contre : un sceau personnel du roi Ezéchias. © Musée d’Israël, Jérusalem.

Voir l’étude scientifique consacrée au sceau d’Ézéchias  →

À la mort de Sargon II (705), l’Assyrie connaît les troubles habituels de succession et la situation semble particulièrement favorable aux États soumis pour tenter de retrouver leur liberté. Mérodach-Baladan – qui avait été battu par Sargon II – s’empare de nouveau du trône de Babylone et il envoie des ambassadeurs à Ézéchias (2 Rois 20,12-19), sans doute pour l’inviter à secouer le joug assyrien.

De fait, Ézéchias va prendre une part active à la révolte qui s’est propagée sur la côte de la Méditerranée (2 Rois 18, 7-8). Il se prépare aussi à subir les contrecoups de cette politique en renforçant Jérusalem (cf. Isaïe 22, 10) et en assurant l’approvisionnement en eau par le percement du canal de Siloé (2 Rois 20, 20 et le texte de l’inscription retrouvée en 1880) (voir ci-dessous).

Voir la page consacrée à l’étude scientifique du tunnel d’Ézéchias →

Sennachérib affronte successivement ceux qui se sont révoltés contre son pouvoir. Il rétablit l’ordre en Babylonie (-702) puis il intervient au Levant (-701) où il frappe durement ; destruction de plusieurs villes, dont Lakish, la plus puissante forteresse de Juda après Jérusalem. Cette dernière est assiégée à son tour et Ézéchias, que le prophète Isaïe a exhorté à résister ; il n’obtient finalement le départ des Assyriens qu’au prix de concessions exorbitantes : le versement d’un tribut énorme – 30 talents d’or et 800 talents d’argent -, sans parler de la déportation de ses fils, de son harem et de ses musiciens, ainsi que la perte d’une partie de son territoire. Selon la Bible, l’histoire se termine aussi par un désastre pour l’armée assyrienne : l’ange de Yahweh aurait fait périr 185 000 Assyriens, puis Sennachérib serait rentré à Ninive où il serait mort peu après, assassiné par ses fils.

Le siège de Lakish, qui se déroula en -701, opposa l’armée assyrienne commandée par Sennachérib au royaume de Juda. La victoire fut assyrienne et les habitants de Lakish massacrés ou déportés. Cette victoire est gravée dans un bas-relief qui ornait les murs du palais de Sennachérib à Ninive. Ces bas-reliefs sont aujourd’hui exposés au British Museum à Londres. © Théo Truschel.

Les règnes de Manassé et Amon

Le règne de Manassé (-697-642), le plus long des règnes bibliques, est présenté comme ce qui peut arriver de pire en Juda. Les mesures religieuses de Manassé peuvent s’expliquer par une opposition à la réforme d’Ezéchias, peut-être sous la pression populaire ; au moins au début, elles ne peuvent guère être imputées à Manassé qui avait 12 ans à son avènement. Amon (-642-640) succède à Manassé, mais il est assassiné après deux ans de règne (cf. 2 Rois 21, 19).

Le règne de Josias

Josias (-640-609) est le dernier roi qui marque cette période de l’histoire d’Israël : encore enfant (8 ans) quand il est nommé roi – ce qui laisse les mains libres au parti qui l’a mis en place et qui voulait peut-être reprendre la politique d’Ézéchias – Josias pourra profiter de la fin du royaume d’Assur. En effet, à partir de -650, l’empire assyrien connaît une rapide désagrégation.

Josias amorce alors une importante réforme religieuse et politique (2 Rois 22-23), marquée par la découverte dans le Temple du « Livre de la Loi », qui devrait probablement correspondre au Deutéronome (2 Rois 22, 8) ?. Josias tente de refaire le royaume de David (2 Rois 23,15) et de tout centrer sur Jérusalem, y compris le culte (cf. Deutéronome 12,5) : unité de sanctuaire ; d’où la destruction des autres lieux de culte, comme en témoigne, au plan archéologique, le temple d’Arad.

Mais le déclin de l’Assyrie (Assur est détruite en -614, Ninive en -612), ne signifie pas le retour à la liberté pour les petits États des bords de la Méditerranée : Babylone prend rapidement la relève en Mésopotamie et veut s’emparer de Harran, où s’est replié le pouvoir assyrien. L’Égypte, qui comprend le danger que représente pour elle une nouvelle grande puissance mésopotamienne, se porte au secours de l’Assyrie.

C’est à l’occasion de cette campagne du pharaon Nékao II que Josias perd la vie à Megiddo (-609). Est-ce un assassinat parce qu’il était favorable aux Babyloniens, comme pourrait le laisser entendre 2 Rois 23, 29 ? Ou bien, a-t-il été tué au combat en voulant s’opposer au pharaon ? De toutes façons, il ne reste plus, à l’époque, que deux grandes puissances : l’Égypte et Babylone, et Juda passe, pour un court temps (-609-605), sous le contrôle égyptien (2 Rois 23, 31) avant de devenir le vassal de Babylone (2 Rois 24, 1).

La prise de Jérusalem et la fin du royaume

En effet, après la victoire à Karkemish (mai/juin -605) sur les Égyptiens, Nabuchodonosor II soumet toute la Syrie-Palestine, et Jojakim doit lui payer tribut (cf 2 Rois 24, 1). Une révolte tentée en -601 aura des conséquences désastreuses (2 Rois 24, 2-4) ; en -598, Jojakim meurt (ou, alors, il est assassiné ? : cf. Jérémie 22, 19 ; 36, 30) ; son fils Jojakin peut encore lui succéder, mais ce ne sera que pour trois mois. En 598/7, Nabuchodonosor II prend Jérusalem, dépose Jojakin et établit Sédécias comme roi (2 Rois 24, 17). Il déporte une partie de la population (première déportation « sélective ») (2 Rois 24, 10-17).

Image ci-contre : un cylindre de Nabuchodonosor II rapportant la construction d’un temple. © Musée d’Israël, Jérusalem.

À l’instigation de l’Égypte, la révolte reprend en Palestine de -594 à -587. Nouvelle campagne de Nabuchodonosor II, et malgré une intervention égyptienne, c’est la prise de Jérusalem, le 29 juillet -587. Sédécias, qui a fui, est rattrapé dans les plaines de Jéricho et comparait devant Nabuchodonosor II (2 Rois 25, 4-7). Ses fils sont tués devant lui avant qu’on ne lui crève les yeux. Sédécias est déporté à Babylone où il meurt en prison.
La ville de Jérusalem est détruite, le Temple entièrement pillé et incendié et une deuxième déportation frappe Jérusalem (2 Rois 25, 1).

Image ci-contre : une reconstitution en 3D du Temple érigé par Salomon. © Théo Truschel.

Voir l’article consacré aux Temples de la Bible  →

La Judée devient alors une province babylonienne : à la place de Sédécias, Nabuchodonosor II installe Godolias à la tête de ceux qui restent dans le pays, mais celui-ci sera bientôt assassiné (2 Rois 25, 22-26). Une troisième déportation (en -582) est mentionnée en Jérémie 52, 30. Désormais la province de Juda est abolie et son territoire est rattaché à la province de Samarie.

Jérémie a été témoin de cette tragique période de l’histoire de son peuple et les chapitres 26 à 45 de Jérémie sont particulièrement riches en données historiques.

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