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Bible, Histoire, Archéologie

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Chéchonq Ier,

les trésors du Temple de Salomon

Introduction

Prince de la tribu berbère des Mâchaouach d’origine libyenne, Chéchonq Ier se hisse sur le trône d’Égypte vers 945 avant J.-C. Peu après son accession au pouvoir, il entreprend une expédition militaire sans précèdent depuis Ramsès III (XXe dynastie), qui le mène dans les deux royaumes du Sud (Juda) et du Nord (Israël). Sa campagne nous est rapportée sur le mur méridional du temple d’Amon-Rê à Karnak.

Image ci-contre : la campagne militaire de Chéchonq Ier rapportée sur le mur méridional du temple de Karnak (détail). © Théo Truschel.

Pour éviter la mise à sac de Jérusalem, Roboam, fils de Salomon, roi de Juda, lui aurait cédé tous les trésors du Premier Temple (Salomon) et du palais (I Rois 14,26).

Vers la page des Temples de la Bible →

Qui est Chéchonq Ier

Chéchonq Ier, prince libyen de la tribu des Mâchaouach, est le fondateur de la XXIIe dynastie dite libyenne ou bubastide. La tribu des Mâchaouach était connue des Égyptiens depuis fort longtemps : son nom figure sur la liste des peuples envahisseurs (les Peuples de la Mer) vaincus par Merenptah (vers 1213-1202 avant J.-C.).

Image ci-contre : bracelet en or portant le nom de Chéchonq Ier, Musée égyptien du Caire. © Théo Truschel.

Les origines de Chéchonq Ier et de sa dynastie nous sont partiellement connues grâce notamment à une stèle qu’un certain Pasenhor, prêtre de Ptah à Memphis et lointain descendant de sa lignée, laissa au Sérapéum de Saqqarah (nécropole consacrée au dieu Apis) sous le règne de Chéchonq IV (ou V selon les spécialistes).
Nous connaissons ainsi les ancêtres du fondateur de la dynastie, confirmant que ces derniers occupaient déjà des postes à responsabilité dès la fin de la précédente dynastie. Ils cumulaient des charges religieuses et militaires, héritant de père en fils de titres prestigieux à la cour royale tels que Père divin ou spécifiques à leur ethnie comme celui de Grand chef des Mâ (diminutif de Mâchaouach).

Son accession au pouvoir

Chéchonq Ier s’empare du royaume du Delta en 945 avant J.-C. ; il n’est qu’autre que le général en chef de toutes les armées et le conseiller de Psousennès Ier dont il épouse la fille Maâtkarê. Comme beaucoup d’autres pharaons, Chéchonq Ier légitime son pouvoir en se conférant des titres sacrés et adopte une titulature imitée de Smendès (fondateur de la XXIe dynastie).

Après avoir fermement établi son gouvernement à l’intérieur de son royaume, Chéchonq Ier se tourne vers les anciennes possessions égyptiennes au Levant.

Image ci-contre : parmi les trésors de Tanis figure ce masque funéraire en or du pharaon Psousennès Ier. Musée égyptien du Caire. © Théo Truschel.

À la vingtième année de son règne, sous prétexte d’incursions de nomades dans la région des lacs Amers (voir carte pour l’itinéraire), il mène une campagne militaire qui n’a pas d’équivalent depuis la XXe dynastie.
La campagne contre les royaumes de Juda et d’Israël se terminent sur la victoire de Meguiddo (voir Ce que dit la Bible, ci-dessous). Ce succès militaire est immortalisé sur le mur méridional extérieur du temple d’Amon de Karnak à la porte de Bubastis, entre le premier et le deuxième pylône. C’est son fils Ioupout qui dirige les travaux et bâtit ainsi une nouvelle cour qui devait donner un nouveau et impressionnant front sur le Nil.

Image ci-contre : un buste du pharaon Osorkon Ier, fils et successeur de Chéchonq Ier, Musée du Louvre, Paris.
Il maintient l’ordre instauré par son père, en composant avec le clergé d’Amon à Thèbes, qui a du mal à reconnaître cette dynastie d’étrangers. Il crée une résidence près de El-Lahoun, et il orne d’or les temples d’Héliopolis. Son cartouche hiéroglyphique au nom du pharaon, est entouré d’une inscription phénicienne au nom d’Elibaal, roi de Byblos. © Théo Truschel.

Peu après son retour du Levant vers 924 avant J.-C. et bien avant la fin des travaux, Chéchonq Ier décède et rejoint ses ancêtres peut-être dans la nécropole royale de Tanis (La Tsoan de la Bible), laissant le trône à son fils aîné Osorkon Ier (Vers 924-889 avant J.-C.).
À ce jour, aucune tombe d’envergure n’a été exhumée au nom de Chéchonq Ier et les sépultures anonymes de la nécropole de Tanis, de tailles modestes et anépigraphes, ne semblent pas être appropriées pour un pharaon aussi important, fondateur de la XXIIe dynastie.

Ce que dit la Bible sur Chéchonq Ier

La Bible nous rapporte qu’il accueille à sa cour l’hébreu Jéroboam, surveillant des corvées en Israël, en rébellion et en fuite devant la justice du roi Salomon. Jéroboam reste ainsi en exil jusqu’à la mort de Salomon et devient plus tard le premier roi du royaume sécessionniste du Nord (Israël) (1 Rois 11,29-40).
Chéchonq Ier, le Shishaq de la Bible, entreprend une expédition militaire de grande envergure contre les royaumes de Juda et d’Israël :  « … Il avait mille deux cents chars et soixante mille cavaliers ; et il vint d’Égypte avec lui un peuple innombrable, des Libyens, des Sukkiens et des Éthiopiens… » (2 Chroniques 12,3).
Il envahit tout d’abord le royaume de Juda : « En l’an cinq du règne de Roboam, Shishaq, le roi d’Égypte, monta contre Jérusalem… » prend un certain nombre de cités fortifiées; Roboam lui cède alors « … les trésors de la maison de l’Éternel et les trésors de la maison du roi. Il prit absolument tout; il prit même les boucliers d’or que Salomon avait faits » (1 Rois 14,25-28).

La Bible nous rapporte que Salomon avait fait fondre 200 grands boucliers (magen, bouclier rond) d’apparat dont chacun était constitué de 6 kg d’or et 300 petits boucliers de 3 kg d’or chacun (2 Chroniques 9,15/16). Il les avait déposés dans la « Forêt du Liban » (bâtiment annexe au palais du roi) qui était équipée d’une importante vaisselle entièrement en or. Ils ont été l’objet particulier de la convoitise de Chéchonq Ier. Par la suite Roboam fit remplacer les boucliers d’or par des boucliers en bronze (ou en cuivre).

Image ci-contre : une reconstitution possible du Temple de Salomon, en 3d, dans sa version avec le vestibule couvert. © Théo Truschel.

Les inscriptions égyptiennes nous rapportent que ses successeurs ont donné aux différents temples égyptiens une quantité phénoménale d’or et certains historiens n’ont pas hésité à établir un lien entre cette masse d’or et les trésors du palais et du Temple de Salomon. Le lourd tribut versé par Roboam équivaut à une reconnaissance de la vassalité de Jérusalem.
Chéchonq Ier se tourne ensuite vers le nord et se lance à la poursuite de son ancien protégé, Jéroboam qui s’enfuit vers l’est. Chéchonq Ier s’arrête à Megiddo où Thoutmôsis III fut victorieux cinq siècles auparavant. Il y érige une stèle et proclame, à l’image de son prédécesseur, la victoire de son expédition.

Pour visualiser les déplacements de la campagne militaire de Chéchonq Ier →

À la porte de Bubastis du temple de Karnak, le mur méridional extérieur rapportant la campagne militaire de Chéchonq Ier au Levant. © Théo Truschel.

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