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Archéologie

Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Médaillon "Multiple" de
l'empereur Aurélien
(270-275 ap. J.-C.). Avers et revers.

Aureus de l'empereur Claudius II

"le Gothique" (268-270 ap. J.-C.).

Avers et revers.

"Multiple" de l'empereur Gallien
Avers et revers. (218-268 ap. J.-C.)
Il n'en existe que trois exemplaires.

Aureus de l'empereur Aurélien (270-275 ap. J.-C.). Avers.

Médaillon, "Multiple" de l'empereur Claude II le Gothique.
Ø 35,5 mm ; poids 39,2 g. Avers et revers.
Cette monnaie est considérée par les spécialistes comme une émission de «donativum», c’est-à-dire un cadeau fait par l’empereur Claude II à de hauts dignitaires (valeur 7,5 aurei).

Le trésor de Lava en Corse

En 1985, trois pêcheurs d’oursins découvrent fortuitement dans les eaux d’une petite anse du golfe de Lava en Corse des pièces d’or frappées à l’effigie d’empereurs romains du IIIe siècle de notre ère.

La découverte

C’est l’incroyable histoire d’une « pêche miraculeuse » en septembre 1985 par trois  plongeurs d’Ajaccio. Ce jour-là, ce sont quelques pièces d’or, qui se révéleront être de la monnaie romaine (aurei), qu’ils remontent à la surface.

C’est le début d’une véritable course au trésor, car beaucoup d’autres pièces d’or se trouvent dans ces eaux au milieu des rochers immergés de la crique de Capo di Feno. Ils revendent leur butin au fil de leurs prises et très vite, ils mènent grand train si bien que leur manège commence à être connu. Une autre équipe de chercheurs d’or se jette aussi à l’eau. En quelques mois, environ mille pièces d’une valeur archéologique et historique exceptionnelle sont raflées.

Mais, en 1986 tout s’arrête quand une vente aux enchères publique de plusieurs aurei et en particulier d’un multiple à l’effigie de l’empereur Gallien est annoncée.

Un article dans la presse corse dénonce alors avec force le pillage de trésors archéologiques. La vente est annulée et une enquête judiciaire ouverte : elle durera huit ans. En 1994, huit plongeurs corses et deux numismates parisiens sont condamnés à des peines de prison avec sursis et à des amendes pour détournement et recel d’épaves maritimes.

Des centaines d’objets et de pièces en or ont ainsi été illégalement récupérées pour être vendues sous le manteau à des collectionneurs. Selon certaines estimations, 600 d’entre elles auraient ainsi été écoulées. Les spécialistes évoquent plutôt le nombre de 1400. Reste que l’État n’a récupéré que 83 pièces. Le trésor de Lava demeure en grande partie en circulation à travers le monde. Au point qu’Interpol a été mis sur l’enquête.


Une première découverte en 1956

De manière tout à fait mystérieuse, 41 premières pièces d’or, aurei ou multiples, avaient déjà fait leur apparition en 1956 et aussi en 1971. Elles avaient été dispersées aux enchères et ont fait l’objet d’une publication savante rédigée par Jean Lafaurie, directeur des études de numismatique romaine à l’École pratique des hautes études.

 

L’origine du trésor

Les pièces récupérées remontent à l’époque romaine. Plus précisément au IIIe siècle de notre ère. Après Gallien, Claude II le Gothique puis son frère Quintille prennent le pouvoir avant le règne d’Aurélien.

L’hypothèse est qu’un haut dignitaire, fuyant une guerre civile (?), aurait pris la mer à Ostie entre mars 271 et novembre 273 à destination de l’Afrique du Nord, via la Corse. Dans les soutes de sa galère, il transporte son précieux chargement qui n’arrivera jamais à bon port. Son navire aurait pris feu avant de sombrer au large d’Ajaccio.

Michel L’Hour, à la tête du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm), tente depuis des années de découvrir l’épave. Selon lui, une statue de 30 kg d’or se trouvait également sous les eaux, représentant un enfant ailé tenant une huître : «Sans doute un des plus grands trésors de l’antiquité romaine perdu à jamais. Nous savons qu’elle a été découpée (ou fondue) pour être revendue».

En 2010, constatant que de nouvelles monnaies d’or antiques provenant de Lava continuent à circuler, les services de l’État déposent une nouvelle plainte. Le service national de douane judiciaire (SNDJ) et l’Office Central de lutte contre le trafic des Biens Culturels (OCBC) procèdent alors à la saisie d’un plat en or massif, à l’effigie de Gallien, connu grâce à une photo, et évalué à plusieurs millions d’euros. Ce plat de 25 cm de diamètre et de 3 mm d’épaisseur, comporte une empreinte dans laquelle était enchâssée un médaillon, aujourd’hui manquant, à l’effigie de l’empereur.

 

Nouveau rebondissement

Une interpellation début mars 2017 de trafiquants d’armes à Bastia, a fait émerger à nouveau le trésor de Lava. Seize pièces d’une valeur estimée entre 50 000 et 750 000 euros chacune ont été saisies. Elles étaient soigneusement dissimulées dans des tampons encreurs. Les trafiquants devaient partir pour Hong Kong où ils prévoyaient d’écouler leur précieux trésor.

Cet écoulement sur le marché asiatique des antiquités romaines devait permettre d’acheter des armes dans plusieurs pays d’Extrême-Orient, puis de les importer en Europe, a indiqué M. Bessone, procureur en charge de l’enquête sur le «Trésor de Lava».

Les investigations menées par la police pour retrouver les pièces du trésor de Lava ont jeté la suspicion sur les pièces d’or de la période 260-275 détenues par des collectionneurs. On considère que la plupart des médaillons en or de Gallien, les multiples (valeur de 2 à 10 aurei) de Claude II ou d’Aurélien proviendraient du trésor de Lava. L’État peut à tout moment exercer son droit de revendication sur les objets provenant du trésor de Lava en l’état de recel d’épaves maritimes. Seul un multiple de Claude II le Gothique, passé en vente publique, peut échapper à la revendication de l’État.

un plat en or de 25 cm de diamètre,
avec en son centre un médaillon à l'effigie de Gallien.