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Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Ci-dessus : les quatre fragments photographiés à l'infrarouge. Hauteur : 140 mm; largeur : 60 mm.
© Cambridge University Library.

 

Ci-contre : les quatre fragments dans leur couleur

d'origine. © Cambridge University Library.

Le papyrus Nash

Le fameux papyrus Nash (MS Or 233) est constitué de quatre fragments acquis en Égypte par le docteur Walter L. Nash, secrétaire de la Society Biblical Archaeology à la fin du XIXe siècle. Son origine précise est inconnue. Les chercheurs pensent que le papyrus est originaire de la région du Fayoum. Il est actuellement exposé à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge.

Le papyrus Nash contient les passages de l’Exode 20, 2-17 ou du Deutéronome 5, 6-21 et du Deutéronome 6, 4-5 correspondant au début du Shema. Le format du document est une feuille provenant d’un support écrit qui a disparu. Il n’a pas les caractéristiques d’un fragment de rouleau, et encore moins d’un rouleau de Torah. D’après les scientifiques, nous avons là une compilation de divers textes rassemblés à vocation liturgique ou pédagogique.

Les quatre fragments ont été décrits pour la première fois par l’historien Stanley A. Cook en 1903. S. Cook les avait datés du IIe siècle mais on considère de nos jours, au vu des analyses paléographiques, que ces fragments remontent en fait à la période maccabéenne entre 165 à 137 avant J.-C. Jusqu’à la découverte des manuscrits de Qumrân en 1947, le papyrus Nash était considéré comme le plus ancien manuscrit en hébreu connu.

Long de vingt-quatre lignes, avec quelques lettres manquantes à chaque bord, le papyrus contient les Dix commandements suivis par le début de la prière «Shema Israël» Écoute, Israël. Ce texte fondamental de la prière juive proclame l’unité absolue de Dieu. Il est récité le matin et le soir de chaque jour. Il est à noter quelques anomalies dans le passage des Dix commandements du document égyptien. Dans le papyrus Nash, le sixième et le septième commandement ont été inversés. Par ailleurs, l’expression «maison de servitude» pour désigner l’Égypte est omise. S’agit-il d'une rédaction possible en Égypte?

Certaines anomalies du papyrus se retrouvent dans la version biblique de la Septante, Torah traduite en grec à l’initiative du fondateur de la bibliothèque d’Alexandrie. Il conseilla au roi égyptien Ptolémée II Philadelphe (285-246) de faire venir des «Sages compétents» en vue d’établir une traduction du texte sacré juif accessible au plus grand nombre. Le projet insensé était de traduire une langue n’employant pas le verbe avoir, n’ayant pas de verbe être au présent de l'indicatif et qui évoque plusieurs sens dans le même mot. Le texte de la Septante est donc une production originale créée à partir du socle toraïque.

Octo drachme

à l’effigie de Ptolémée II Philadelphe en compagnie de son épouse et sœur Arsinoé II.

Écoute Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est UN

(Version du Rabbinat).

Le verset du Shema Israël ponctué selon les règles de la Massorah. Les lettres ayin et dalet, plus grandes que les autres caractères, forment le mot 'Ed (« témoin »).