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Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

L'inscription gravée du mot «Jérusalem» sur la colonne

de pierre.
© Laura Lachman / Courtesy du Musée d'Israël.

avers

revers

Ci-dessus :

Le shekel de la Première révolte juive comportant la mention complète de Jérusalem.

Revers : Jérusalem la sainte.

Avers : shekel Israël, (année) 3. Domaine public.

La plus ancienne inscription gravée du mot «Jérusalem»

Le 9 octobre 2018, l’Autorité des Antiquités d’Israël (IAA) et le Musée d’Israël ont révélé que des archéologues ont mis au jour la plus ancienne inscription connue à ce jour contenant le mot complet de «Jérusalem» gravée sur le tambour d’une colonne sculptée en pierre. Cette colonne faisait partie d’un ancien atelier de poterie.

La découverte

Cette colonne avec son inscription a été découverte l’hiver dernier près du Centre international de conventions de Jérusalem (Binyanei Ha’Uma) lors d’une excavation précédant la construction d’une nouvelle route, entreprise et financée par Moriah - la Jerusalem Development Company et la Jerusalem Development Authority.

Les chercheurs estiment que cette colonne aurait été réemployée à partir d’un bâtiment plus ancien, probablement daté du règne d’Hérode le Grand (37 à 4 av. J.-C.).

L’inscription

L’inscription écrite en caractères hébraïques typiques de la période du Second Temple, se lit : Hananiah bar Dodalos m'Yerushalayim - Hananiah, fils de Dodalos, de Jérusalem. Elle daterait du premier siècle de notre ère.

L’orthographe du nom «Jérusalem» apparaît généralement dans une version abrégée. Ainsi, sur les anciennes inscriptions, Jérusalem est orthographiée «Yerushalem» ou «Shalem», plutôt que «Yerushalayim» comme elle est mentionnée sur le monument et aujourd’hui en hébreu.

Yuval Baruch, archéologue à l’IAA, et Ronny Reich, professeur d’archéologie à l’Université de Haïfa, déclarent «Cet orthographe inhabituel nous est connue dans un autre exemple, sur des pièces de monnaie datées de la Première révolte juive contre les Romains, de 66 à 70 après J.-C.».

La différence d'orthographe concerne la présence d'un yod (transcrit généralement Y) entre le L et le M. En transcription : YRWŠLM et YRWŠLYM

Dans la Bible, le mot «Jérusalem» apparaît 660 fois, mais il n’y a que cinq cas qui épellent le nom complet de «Yerushalayim». Ces cinq occurrences sont mentionnées dans Jérémie 26,18, Esther 2,6, 2 Chroniques 25,1, 2 Chroniques 32,9 et 2 Chroniques 25,1.

L’identité des deux personnes

Cette nouvelle inscription fait référence à deux personnes - Hananiah et Dodalos – dont on ignore aujourd’hui l’identité exacte. Dudy Mevorach, conservateur en chef du Département de l’archéologie au Musée d’Israël, pense que Hananiah devait être un artisan céramiste qui s’était choisi le «nom d’emprunt» de «fils de Dodalos» en référence au sculpteur et architecte Dodalos (Dédale), figure emblématique de la mythologie grecque. Ce dernier, sculpteur athénien, forgeron et architecte, au talent exceptionnel, était un descendant de la famille royale issue d’Érichthonios. Il était loué par beaucoup d’auteurs latins et grecs pour son génie esthétique et ingéniosité technique.

Le "paradis" des potiers

Selon les archéologues, le site où les archéologues ont découvert l’inscription semble être un quartier de potiers. La zone contient des artefacts couvrant une période de plus de 300 ans, de la période hasmonéenne (140 à 116 av. J.-C.) jusqu’à la fin de l’époque romaine.

«Il s’agit du plus grand site de production de poterie ancienne de la région de Jérusalem», a déclaré Danit Levy, responsable des fouilles.

Le site comprend des fours, des bassins pour la préparation de l’argile, des citernes en plâtre, des bains rituels et des espaces de travail pour le séchage et le stockage des produits en céramique. Les archéologues ont découvert que pendant le règne d’Hérode, les potiers se concentraient sur la création de récipients à cuisson.

Il semble que les potiers aient réussi dans leur métier, car les archéologues ont trouvé des éléments dans un petit village à proximité, dont l’économie dépendait probablement de la production de poterie. Les pots étaient vendus en vrac à des personnes vivant à Jérusalem et dans ses environs, notamment aux portes de la ville pour les pèlerins en visite.

Après la chute de Jérusalem en 70, l’atelier du potier semble avoir repris son activité, mais dans une moindre importance. Cela a pris fin au début du IIe siècle de notre ère, lorsque la Xe Légion romaine a pris le contrôle de la région et créé son propre atelier, leur permettant de fabriquer des briques, de la vaisselle, des ustensiles de cuisine et des récipients de stockage.

La colonne de pierre et les fours de l’atelier des potiers seront présentés au Musée d’Israël à Jérusalem, dans le cadre d’une nouvelle exposition présentant des artefacts de la capitale.

Deux trouvailles supplémentaires rejoignent l'inscription exposée au musée d'Israël : une inscription en mosaïque grecque du VIe siècle de notre ère, exposée près de la porte de Damas ; et un couvercle de cercueil du premier siècle de notre ère avec une inscription hébraïque indiquant «le fils du grand prêtre».