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Histoire

Archéologie

Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Définition de l'archéologie

L’archéologie est une science historique dont l’objet d’étude est l’ensemble des traces matérielles laissées par les hommes (objets, bâtiments, infrastructures, etc.). Pour ce travail, l’archéologue dispose d’une panoplie d’outils que sont les travaux de terrain (fouilles et prospections), les travaux scientifiques (carbone 14, dendrochronologie, thermoluminescence, etc.) et, le cas échéant, la consultation des textes contemporains des traces matérielles étudiées. Au moyen de ces outils, l’archéologue analyse le matériel produit par les hommes afin de déterminer les relations que ces derniers ont entretenues avec leur milieu.

L’archéologie sert donc à reconstituer la vie et l’histoire d’hommes du passé en s’aidant des traces qu’ils nous ont laissées (ruines, ossements, outils, peintures, poteries, armes, pièces de monnaie, bijoux, vêtements, etc.).

  • Les pionniers de l'archéologique dite "biblique"

    Cette «discipline» archéologique est l’étude des peuples et des événements dont parlent les Écritures. L’archéologue met au jour et étudie des pierres, des murs ou des édifices en ruines, ainsi que des villes détruites ; il découvre des poteries, des tablettes d’argile, des inscriptions, des tombes et d’autres restes anciens, des objets fabriqués par l’homme, dont il tire certaines informations. Ces études permettent de mieux connaître le contexte  dans lequel la Bible a été écrite. L’archéologie a permis d’enrichir dans ce domaine notre connaissance de tous les pays bibliques, c’est-à-dire le Levant, l’Égypte, l’Assyrie, la Babylonie, la Perse, l’Asie Mineure, la Grèce et l’Italie (Rome).

  • Les bases de l'archéologie biblique

    Les bases de l’archéologie axée sur l’étude des vestiges historiques des pays de la Bible apparaissent avec la parution d’un premier livre, Biblische Archäologie (1802) de Johann Jahn et ensuite surtout avec la publication d’un ouvrage des voyages en Palestine d’Edward Robinson (1794-1863), professeur de littérature biblique. Ce dernier ouvrage, Biblical Researches in Palestine, Mount Sinai, and Arabia Petraea (1841), a un retentissement considérable. Edward Robinson tente de démontrer que des recherches effectuées sur les terrains de la Terre sainte peuvent confirmer l’exactitude des sources bibliques.

    Le point culminant des premières fouilles est probablement le travail effectué par Charles Warren entre 1867 et 1870 autour du Mont du Temple à Jérusalem, où il étudie les fondements du Temple d’Hérode et explore le tunnel d'Ézéchias avec sa plaque de commémoration, comportant la célèbre inscription en paléo-hébreu, aujourd’hui exposée au musée d’Istanbul.

    Par la suite, cette discipline va se développer grâce à des organismes tels que la Palestine Exploration Fund (1865), la Deutscher Palästina-Verein (1877), l’École biblique (1890), devenue École biblique et archéologique française de Jérusalem, l’American School of Oriental Research (1900), aujourd’hui l’Albright Institute of Archaeological Research, la British School of Archaeology (1919) ou encore ceux dépendant de certaines grandes universités américaines (Chicago, Pennsylvanie) et de l’université hébraïque de Jérusalem.

    Les travaux ont tout d’abord favorisé l’élaboration d’une cartographie de la région et l’identification des sites bibliques.

  • Les nouvelles méthodes

    Les fouilles systématiques de certains de ces sites ne débutent que dans les années 1890, lorsque sir William Petrie met au point ce qui va devenir une nouvelle méthode d’analyse archéologique comprenant  la typologie céramique et la stratigraphie. La fouille s’effectue par strates, une couche sédimentaire à la fois, qui permet de préciser l’origine des vestiges recueillis dans la stratigraphie du site.

    Dans les années 1930 sous l’impulsion du professeur William F. Albright, cette discipline est appliquée par plusieurs explorateurs, dont Yigaël Yadin (dans les années 1950), qui parcourent le Levant à la recherche des différents lieux mentionnés dans les Écritures.

    Au début du XXe siècle, les fouilles se concentrent sur les principaux sites comme Jérusalem, Guézer, Megiddo, Jéricho, Samarie et encore aujourd’hui en Irak sur les ruines de Babylone, avec l’archéologue allemand Koldewey.

    Après la Seconde Guerre mondiale, la discipline se développe encore grâce à Kathleen M. Kenyon ; sa méthode mise en œuvre sur les sites de Jéricho et de Jérusalem consiste à creuser par carrés (de 5 m de côté) séparés par des murs de terre (les bermes).

    Dès la fin des années 1950 et au cours de la décennie suivante, un groupe d’archéologues américains, dont G. Ernest Wright et David Noel Freedman, en collaboration avec les chercheurs israéliens Yigaël Yadin, Benjamin Maazar et Nah-man Avigad, mettent en pratique ces nouvelles méthodes sur des sites vierges ou déjà explorés : Hatsor (aujourd’hui Tell el-Qidah), Ashdod, Guézer et Jérusalem.

    Pendant les années 1970, l’archéologie bénéficie de l’apport des sciences naturelles, sociales et environnementales. Des informaticiens, géologues, anthropologues, climatologues, ethnologues, zoologues, etc., s’associent aux archéologues pour recueillir les données et les interpréter. Enfin, à partir des années 1970, après de nombreuses controverses quant aux attributions et aux datations, l’archéologie dite « biblique» cède la place à l’archéologie tout court.