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Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Sargon II face à un dignitaire (peut-être son fils Sennachérib ?). Empire assyrien, palais de Khorsabad (antique Dûr- Sharrukîn), hauteur 3,3 m. Musée du Louvre, Paris. © Théo Truschel.

Fragment de relief représentant Sargon II, albâtre gypseux, hauteur 89 cm.

© Musée égyptien, Turin.

 

Ce prisme

biconique a été

découvert dans le

palais de Sargon à

Khorsabad. Il

célèbre les victoires

du souverain.

© Musée égyptien,

Turin.

Une couronne, des "rosettes" et une parure en or  du trésor mis au jour à Kalkhu.

© Muzahim Mahmoud Hussein

Le roi Sargon II et les guerres au Levant

En 722, Sargon II annexe le royaume d'Israël et déporte sa population. Il écrase la rébellion des provinces syriennes (Arpad, Damas, Hamath), qui sont soutenues par l'Égypte, à Qarqar et à Raphia. En 717, il dépose le roi hittite de Karkemish : la ville devient une colonie assyrienne.

Sargon est un mot hébreu dérivé de l’akkadien Sharrukinu : « le roi établi ».

Il succéda à Salmanasar V ; peut-être était-il de sang royal, comme il le prétend mais on pense aujourd’hui qu’il usurpa le trône et emprunta le nom de Sargon à un ancien et célèbre roi d’Akkad.

Le nom de Sargon II ne figure dans la Bible qu’en Ésaïe 20,1. Ses campagnes en Syrie et au Levant servent toutefois de toile de fond aux prophéties d’Ésaïe. On se trouve devant deux possibilités : ou bien il s’empara du trône et acheva le siège de Samarie, capitale du royaume du Nord, que Salmanasar avait commencé en 724 avant notre ère ou bien il accéda au trône immédiatement après la chute de la capitale d’Israël. Le récit biblique ne précise pas ce point-là (2 Rois 17,1-6). La Bible dit seulement que Salmanasar (V) monta contre Osée, roi d’Israël, qu’il assiégea Samarie pendant trois ans et s’en empara la neuvième année du règne d’Osée. Dans les deux cas, Samarie tomba en 722 ou au début de 721 avant notre ère, et Sargon II monta sur le trône le 12 de Tebeth (10e mois) de l’année 722, suscitant de nombreuses résistances.

Le royaume de Juda échappa de peu à l’invasion et obtint un sursis de 130 ans environ car les Babyloniens, aidés des Élamites, se révoltèrent dès sa prise du pouvoir en 722 et Sargon ne réussit pas immédiatement à les vaincre.

En 720, les Israélites demeurés à Samarie s’allièrent aux Araméens d’Arpad, Hamat et Damas et se soulevèrent. Sargon les défit près de Qarqar et déporta des prisonniers de Hamat comme colons en Samarie. La population de Samarie fut, quant à elle, déportée à Halahla, au nord de Ninive, en Haute Mésopotamie et dans les monts Zagros ; il semble que ces déportés se soient ensuite assimilés à la population locale, en perdant leur identité culturelle.

La même année, la coalition de Hanunu, roi de Gaza, et de Sib’e, roi d’Égypte (que la Bible appelle So, 2 Rois 17,4) est vaincue à Raphia. Sargon II s’empara ensuite de Karkemish, capitale des Néo- Hittites en Syrie du nord en 717. Ce fut la fin de l’Empire hittite.

Quelques années plus tard, Sargon se vanta malgré tout d’avoir soumis Juda. La tablette qui le déclare paraît antérieure à la fin de 714. La comparaison des dates assyriennes et hébraïques permet de situer à la fin de 715 ou au début de 714 le moment où, reconnaissant la suzeraineté de l’Assyrie, le roi de Juda, Ézéchias, commença à lui payer un tribut.

Merodak-Baladân, roi de Babylone, incita à nouveau les pays s’étendant de l’Élam à la Méditerranée à secouer le joug de l’Assyrie. En 711, Sargon II répondit par l’envoi de troupes contre Asdod. En 710, il met fin à cette révolte par la prise de Babylone, dont il se proclama roi. C’est sous Sargon II que l’Empire assyrien atteint son apogée et domine tous ses adversaires.

Les produits du pillage et des tributs imposés aux vaincus furent consacrés à partir de 717, à la construction d’une nouvelle capitale sur un site encore inutilisé, à 16 km au nord-est de Ninive : Dûr-Sharrukîn, « la citadelle de Sargon ». Elle comportait le plus vaste des palais assyriens de cette période dont on peut admirer quelques uns des magnifiques vestiges découverts par l’archéologue et orientaliste français Paul-Emile Botta, exposés au musée du Louvre.

Selon les sources, Sargon fut assassiné ou bien disparut en 705 dans une expédition contre les Parthes dans le Taurus. Son corps ne fut jamais retrouvé et, peut-être par superstition, son fils Sennachérib (704-681 avant notre ère), déplaça la capitale à Ninive qu’il restaura et agrandit.

En 1989, des tombes contenant de très importants trésors d’or et de pierres précieuses ont été trouvés à Kalkhu, en Irak, par l’archéologue Muzahim Mahmoud Hussein du Service des antiquités irakiennes.

Dans un sarcophage se trouvaient, répandues sur le squelette d’une jeune princesse Yabahya, peut-être l’épouse de Sargon II, de nombreuses « rosettes » d’or et tout autour du corps plusieurs dizaines de bijoux en or. Trois mois plus tard, Muzahim découvrit à proximité une autre tombe. Près du sarcophage, qui ne contenait que de la poussière, se trouvaient trois récipients en bronze remplis de 440 bijoux en or, pesant au total 22 kg. On pense que ces bijoux auraient appartenus à Mullissu-Mukannishat-Ninua, l’épouse d’Assour-Nasirpal II (883-859 avant notre ère) dont la stèle avait été mise au jour, sur le site même, par l’archéologue anglais Max Hallowan. Et enfin dans un autre tombeau encore, gisait une collection de colliers, de boucles d’oreilles et d’épingles d’or. Le nombre total des pièces exhumées s’élève à près de 10100. Elles révèlent un très haut niveau de qualité de joaillerie et d’orfèvrerie néo-assyriens.