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Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Ci-contre : La pièce, appelée aureus - pièce d’or dans la Rome antique -, porte sur l’avers un portrait de Néron et une inscription : NERO CAESAR AVG IMP : Nero Caesar Augustus Imperator.
© Université de la Caroline du Nord.

Flavius Josèphe (37 - 100)

Flavius Josèphe (Yossef ben Matityahou) est un historien juif de langue grecque.

Sans les ouvrages de Flavius Josèphe, nous aurions eu peu d’informations sur la Judée du I et IIe siècle.

Grâce à lui, nous connaissons mieux la guerre des Juifs contre les Romains, la situation du judaïsme avant et après la destruction du Second Temple.

Ci-contre : Émission d’une monnaie de Vespasien sur sa victoire

en Judée.
Aureus, Rome, vers 71 après J.-C.

Avers : IMP [erator] CAES[ar] VESPAS[ianus] AVG [ustus].

Tête laurée à droite. Image © D.R.

Ci-contre : La Judée captive, sesterce de bronze, vers 70, Rome.

Avers : IMP CAES VESPASIEN AUG PM TRP PP COS III :

« Empereur César Vespasien, Auguste, souverain pontife, exerçant la puissance tribunitienne, père de la patrie, consul pour la troisième fois ».
© Numismatik Lantz, Munich.

Ci-contre : avers : un denier romain représentant Titus (79).

IMP T CAESAR VESPASIANVS AVG. Revers : représentation d'un prisonnier juif à genoux devant

un trophée d'armes,

TR POT VIII COS VII. © Classical Numismatic Group, Inc.

Ci-contre : aureus.
Domitien en César.

Probablement frappée en 77.
CAESAR AVG F DOMIT COS II

Sur le verso, un prisonnier parthe prosterné devant un étendard romain.
© Cohen 614v.

Ci-contre : Shekel d’Israël.

Daté de l’an III de la première révolte juive. 68-69 après J.-C. On retrouve la coupe surmontée de l’inscription « shekel d’Israël ».

La branche aux trois grenades,

au revers, est surmontée de la mention : «Jérusalem la sainte» :

«Yerouchalayim ha-kedocha».

© Hendin 662.

Flavius Josèphe est un Cohen (prêtre) de Judée, liée à la monarchie des Hasmonéens. En 64, sous Néron, il est envoyé à Rome pour négocier la libération de prêtres emprisonnés. En 67, gouverneur de Galilée, il prend part à la rébellion juive contre les Romains.

Les troupes romaines sont conduites par Flavius Vespasien et son fils Titus, qui deviendront tous deux empereurs. Convaincu de la supériorité militaire romaine, il essaye de jouer les intermédiaires, ce qui lui vaut une réputation de traître parmi les siens. Fait prisonnier par Vespasien, il lui prédit son accession au trône. Il est libéré en 69 et assiste au siège, puis à la prise de Jérusalem par les troupes de Titus en 70.

Vers 70, Josèphe divorce de sa première femme et se marie avec une femme juive d'Alexandrie dont il aura deux enfants. En 71, il s'établit à Rome, où il acquiert la citoyenneté romaine sous le nom de Titus Flavius, empruntant le gentilice des Flaviens, de la clientèle desquels il fait partie.

C'est à Rome qu'il rédige ses écrits historiques, qui constitue la principale source non chrétienne sur la période du Second Temple de Jérusalem. C’est lui qui rapporte notamment le siège et la prise de Massada en 74. Vers 75, il divorce à nouveau, et contracte un troisième mariage qui lui donnera encore deux fils, Flavius Justus et Simonides Agrippa. Il meurt vers l’an 100.

 

Ses principales œuvres

• La Guerre des Juifs contre les Romains (en grec Φλαυίου Ἰωσήπου ἱστορία Ἰουδαικοῦ πολέμου πρὸς Ῥωμαίους / Flaouiou Iôsèpou historïa Ioudaïkou polémou pros Rhômaïous) : récit en 7 livres du dernier soulèvement de la Judée (66) et de la prise de Jérusalem par Titus (en 70). Originellement écrit en araméen, puis traduit en grec avant parution en 75–79. Œuvre écrite par Josèphe probablement avec l'aide d'assistants pour la rédaction grecque, à partir d'une version araméenne, qui a été reprise et élargie.

• Son Autobiographie (en grec Ἰωσήπου βίος / Iôsepou Bios) où il justifie son choix d'avoir suivi les Romains.

Elle est publiée en appendice à la seconde édition des Antiquités judaïques (vers l'an 100). On y trouve une défense de sa conduite en Galilée en 66 et 67, face aux critiques très violentes de Juste de Tibériade. Il y contredit ses affirmations faites dans la Guerre des Juifs sur plusieurs points, notamment sur son action et celles de ses adversaires juifs en Galilée et sur les circonstances de leurs morts.

• Les Antiquités judaïques : récit de vingt livres, achevé en 94 sous le règne de Domitien, inspiré par les Antiquités romaines de Denys d'Halicarnasse, adaptant l'histoire du peuple juif à la mentalité romaine. Les dix derniers livres constituent un document historique de tout premier ordre.

Les Antiquités judaïques sont particulièrement importantes pour la connaissance des périodes grecques et romaines en Palestine, de même que pour la connaissance des dynasties hasmonéenne et hérodienne. Il y contredit ses affirmations faites dans la Guerre des Juifs sur plusieurs points, par exemple sur l’avènement au trône d'Agrippa Ier ou son rôle dans l’avènement de Claude à l'Empire ou son appréciation sur le procurateur Lucceius Albinus.

Contre Apion : sa dernière œuvre. Œuvre polémique en deux volumes qui est une défense des traditions juives et une réponse aux questions qu'a pu lever la publication des Antiquités juives contre les judéophobes grecs et romains. Il y dément l'accusation d'Apion selon laquelle les Juifs devaient participer à des rituels qui ont abouti à des sacrifices humains sanglants.