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L’oppression et les dix plaies d’Égypte

Mission de Moïse

Quand les Israélites asservis ont cherché à quitter l’Égypte, Pharaon a dit non.
Selon une très ancienne tradition et de vieux documents antiques en hébreu et grec, transmis par l’Histoire, l’occupation d’Israël sur la terre de Goshen dans le delta, à l’ouest du Nil, l’oppression proprement dite du peuple hébreu aurait duré 80 ans environ, peut-être davantage sur les quatre siècles de séjour en Égypte (Exode 7. 1-13).
Leurs cris parvinrent à Dieu, qui leur envoya Moïse avec la mission de les libérer (Exode 2. 23). L’Etenel le chargea d’accomplir des miracles d’une puissance inouïe (Psaumes 78.12-43), des signes destinés à retenir l’attention. Ces signes accréditèrent Moïse, accompagné de son frère Aaron, comme ambassadeur de Dieu auprès des Hébreux (Exode 4.8, 9, 30, 31 ; 8. 22-23) et devant Pharaon (Exode 3. 20 ; 4. 21). C’étaient des manifestations d’autorité, et non de simples phénomènes naturels.

Une vue  générale du Nil à la hauteur de la ville antique de Thèbes, aujourd’hui Louqsor. © givaga 1917032039.

Succession et évolution des plaies

Les trois premières plaies sont provoquées par le frère de Moïse, Aaron, qui «prit son bâton et étendit sa main sur les eaux des Égyptiens» (Exode 7.14-25 ; 8.1-11 ; 8.12-15). Dans le groupe des trois plaies suivant, les deux premières sont provoquées par Dieu et la troisième par Moïse (Exode 8.16-28; 9.1-7; 9.8-12). Les trois autres plaies par Moïse étendant sa main avec son bâton (Exode 9.22–23 ; 10.12–13 ; 10.21 et la dernière sans mention de lui.
Grêle, sauterelles, etc.… aucun de ces phénomènes n’était nouveau pour les Égyptiens, mais ils se produisirent avec une intensité extraordinaire tout en épargnant les Hébreux. Les Dix plaies ont toutes une signification : elles démontrent la puissance de Dieu et le néant de l’idolâtrie. Les biblistes évaluent la négociation de Moïse avec Pharaon sur une période de deux ans environ. Devant le refus de ce dernier de laisser partir le peuple d’Israël, les Dix plaies (littéralement dix « coups ») vont s’abattre sur le pays touchant la nature, le climat et les hommes. Ces plaies sont une réponse non seulement aux différentes idolâtries de l’Égypte mais aussi un enseignement très fort pour le peuple hébreu et l’ensemble de l’humanité :

« …Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face.
Tu ne te feras point d’images taillées, ni de représentations quelconques des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; …» (Exode 20. 3-4).

Conclusion

À la dixième plaie, Pharaon capitule et laisse enfin partir le peuple hébreu. Selon la Bible, après la traversée « à sec » de la mer des Joncs qui se referme sur l’armée égyptienne lancée à sa poursuite, Moïse conduit les douze tribus dans le désert, vers Canaan, sous les ordres de l’Eternel.

Le séjour de 400 ans environ et la sortie d’Égypte ont profondément marqué la liturgie, les fêtes et la législation du peuple d’Israël. La phrase « … car vous avez été esclaves en Égypte  » revient à de nombreuses reprises dans la Bible (Deuteronome 5.15 ; 16.12 ; 24.18-22, etc.).
Le jour de la sortie d’Égypte devient le premier jour du premier mois du calendrier hébraïque (Ce jour est appelé Roch Hachana («Retour»), fête semi-festive qui ouvre les Asseret Yemei Techouva (dix jours de repentance) et prépare à Yom Kippour (le Jour des expiations). Pour octobre 2026, nous sommes en Tichri 5787 dans le calendrier hébraïque.

Voici la liste des Dix plaies et leurs significations

1. Les eaux du fleuve « … changées en sang. » : « … Le Nil fut nauséabond, et les Égyptiens ne purent boire depuis le fleuve… » (Exode 7.14-25). Cette plaie semblait viser le dieu du Nil Hapi.
La mort des poissons porta également un coup à la religion des Égyptiens, car ils vénéraient et même momifiaient certaines espèces de poissons.

Ci-contre : une illustration représentant le dieu du Nil Hapy       

2. L’invasion des grenouilles : « … et les grenouilles montèrent et recouvrirent l’Égypte.» (Exode 8.1-11).
Cette deuxième plaie discrédite Héquet, la déesse à tête de grenouille considérée comme un symbole de fécondité.


3
. Les poux, puces, insectes : « … toute la poussière de la terre se changea en poux… » (Exode 8.12-15).
Cette troisième plaie est celle où les magiciens d’Égypte s’avouent vaincus parce que contrairement aux deux premières plaies ils ne purent imiter cette plaie. Elle porta un coup au dieu Thot, « le maître des sciences occultes » en Égypte.

4. Les essaims de mouches venimeuses : « …des mouches en grand nombre entrèrent […] dans tout le pays d’Égypte… » (Exode 8.16-28). Cette quatrième plaie marque nettement la supériorité de l’Eternel sur les magiciens « disciples » du dieu Thot.

5. La mortalité du bétail (épizootie *) : « …tous les troupeaux des Égyptiens moururent… » (Exode 9.1-7).
Une forme de peste attaque le bétail. Elle humilie des divinités comme la déesse Hathor, Apis ou même Nout, déesse du ciel que les Égyptiens considéraient comme une vache de laquelle étaient attachées les étoiles.

6. Les ulcères, ou pustules, atteignant hommes et animaux : « …gens et bêtes furent couverts d’ulcères bourgeonnant en pustules… » (Exode 9.8-12). Les dieux et les déesses médecins Hot, Isis et Ptah se révèlent impuissants.

7. La grêle : « …il tomba de la grêle dans tout le pays le pays d’Égypte… » (Exode 9.13-35).
Les divinités Reshdou et Thot qui devaient avoir la maîtrise des éléments ne peuvent rien faire.

 

Ci-contre : une représentation de la désse Hathor        

8. Les sauterelles amenées par le vent d’Orient : « …Elles couvrirent la surface de toute la terre et la terre fut dans l’obscurité ; elles dévorèrent toute l’herbe de la terre et tous les fruits des arbres, tout ce que la grêle avait laissé et il ne resta aucune verdure aux arbres ni aux plantes des champs dans tout le pays d’Égypte… » (Exode 10.1-20).
Cette plaie inflige une défaite au dieu de la fécondité Min, protecteur des cultures.

9. Les ténèbres : « …il y eut d’épaisses ténèbres dans tout le pays d’Égypte, pendant trois jours… » (Exode 10.21-29).
Les dieux solaires Râ et Horus ainsi que Thot le dieu de la Lune se révèlent impuissants.

 

10. La mort de tous les premiers-nés : « …et tous les premiers-nés mourront dans le pays d’Égypte… » (Exode 11.1-10).
La dernière plaie est la plus terrible. Elle explique et couronne toutes les autres : l’Égypte avait frappé les premiers-nés du peuple d’Israël. Dieu, à son tour, frappe les premiers-nés des Égyptiens. Tous les premiers-nés parmi les humains et les animaux meurent en Égypte. Les souverains d’Égypte se targuaient d’être d’essence divine, les fils des dieux Râ ou d’Amon-Râ. Le fils de Pharaon était considéré comme un dieu incarné et était consacré dans son temple. Dès lors, la mort du premier-né de Pharaon constitua en quelque sorte la mort d’un dieu.

* épizootie : épidémie qui atteint un grand nombre d’animaux.
Une illustration d’une vue générale du Nil avec un bateau de guerre égyptien. © Catmando 1802099107.