Bible

Histoire

Archéologie

Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Manuscrit d'une Torah du XIVe siècle. La parasha Yayikra : Les deux premières page du Lévitique. © British Library.

Les différentes versions de la Bible

Versions historiques

Nous ne possédons aucun des manuscrits originaux des 66 livres de la Bible (73 pour les éditions catholiques et encore de deux de plus pour les orthodoxes, voir la page des Livres de la Bible), mais seulement des copies de copies.

Pour l’Ancien Testament (ou Première Alliance) nous possédons cependant, en plus de manuscrits copiés de génération en génération avec une extrême minutie par les massorètes (transmetteurs fidèles de la forme textuelle de la Bible hébraïque), les Targoums, traductions faites en araméen après l’exil. L’hébreu était devenu une langue étrangère pour les Juifs de retour de l’exil (VIe siècle avant J.-C.).

Au IIIe siècle avant Jésus-Christ, l’Ancien Testament a été traduit en grec, c’est la Version des Septante, qui était généralement utilisée par les chrétiens des premiers siècles. Selon une tradition rapportée dans la Lettre d’Aristée (IIe siècle avant J.-C.), la traduction de la Torah (les 5 premiers livres de la Bible) aurait été réalisée par 72 (septante-deux) traducteurs à Alexandrie, vers 270 avant J.-C., à la demande du roi Ptolémée II Philadelphe pour sa Bibliothèque.

Dès le IIe siècle de l’ère chrétienne, toute la Bible a été traduite en latin à plusieurs reprises. Au IVe siècle Jérôme de Stridon refit toute la traduction : la plus grande partie de l’Ancien Testament depuis l’hébreu, les Psaumes d’après la version des Septante et le Nouveau Testament d’après divers manuscrits. Cette version a mis un demi-siècle à s’imposer et est connue sous le nom de Vulgate. Jérôme lui-même indique les livres qui ne sont pas inspirés et ne doivent pas figurer dans le Canon. L’Église catholique romaine les intégrera quand même plus tard sous le nom de « deutérocanoniques » (C’est à dire admis secondairement dans le canon par opposition à « protocanonique » qui s’applique à des livres qui n’ont jamais été contestés), alors que Jérôme les qualifiait déjà d’« apocryphes » (apókryphos, «caché», un écrit « dont l’authenticité n’est pas établie », Littré).

Dans les siècles suivants, ce fut la Vulgate et non les originaux qui servirent de départ pour les traductions en diverses langues (français, provençal, etc.). Environ 60 traductions sont conservées à la Bibliothèque Nationale de Paris.

La Vulgate est devenue la version officielle pendant tout le Moyen Âge. Elle a fait autorité dans l’Église catholique jusqu’au XXe siècle.

  • Au temps de la Réforme

    On connaît environ une trentaine de traductions de la Bible en allemand avant celle de Luther. Il commença par le Nouveau Testament, en se basant surtout sur le texte grec d’Érasme (Humaniste des Pays-Bas, vers 1466-1536) compilation hâtive de divers manuscrits. Cette traduction eut un grand succès, parce qu’au lieu de faire une traduction mot-à-mot, sa préoccupation était de rendre le sens du texte, de façon à ce que la compréhension du message soit à la portée de tous. Ensuite, pendant 12 ans il travailla à la traduction de l’Ancien Testament avec l’aide d’une équipe de spécialistes, s’attachant à nouveau à rendre le sens de la phrase.

    À la fin du Moyen Âge, des portions de la Bible ont été plusieurs fois traduites en anglais. C’est John Wycliffe, précurseur de la Réforme anglaise, qui traduit la Bible en entier vers 1380, des centaines de copies en furent vendues. Au XVIe siècle, 8 traductions importantes furent publiées, notamment celle de William Tyndale qui fut martyrisé en 1536. La célèbre King James Version de 1611 (traduction réalisée sous le règne de Jacques VI d’Écosse et roi d’Angleterre) reprend les 9/10e du texte de Tyndale. Là aussi, le mot hébreu ou grec n’est pas toujours rendu par le même mot anglais, pour préserver le sens du texte. Cette version fut violemment attaquée et mit 40 ans à s’imposer, mais elle resta ensuite en vigueur pendant près de deux siècles.