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Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Une inscription mystérieuse vieille de 3 000 ans

En 2012, sur le site archéologique de Khirbet Qeiyafa, identifié avec la ville biblique Sha’arayim, dans la vallée d’Elah au sud-ouest de Jérusalem, une série de fragments d’une poterie en céramique ont été mis au jour. Des inscriptions en écriture proto-cananéenne se distinguaient sur plusieurs débris de la jarre, suscitant la curiosité des chercheurs. Après que les experts Mika Golub et Aggée Misgav eurent restauré et reconstitué la jarre à partir des nombreux tessons, une inscription est apparue, mentionnant un nom incisé : «Eshba’al Ben Beda».

 

Cette inscription marque une découverte unique en Israël

Le professeur Yosef Garfinkel, de l’Université hébraïque de Jérusalem déclare : « C’est la première fois que le nom «Eshba’al » apparait sur une ancienne inscription dans le pays, et Il est intéressant de noter que le nom « Eshba’al » apparaît aujourd’hui à la fois dans l’archéologie du Xe siècle avant J.-C. sous le règne supposé du roi David et dans la Bible» : … Ils le frappèrent et le firent mourir, et lui coupèrent la tête [...] ils apportèrent la tête de Isch-Boschet (ou Eshba'al dans 1 Chroniques) à David dans Hébron… (2 Samuel 3, 4/7-8). Ce nom a été utilisé plus tard lors de la période du Premier Temple (Temple de Salomon) et il apparait qu’il était un nom commun pendant cette période. Par contre le nom «Beda» est unique et ne se trouve nulle part dans les traditions bibliques ou historiques. Les professeurs Garfinkel et Ganor ajoutent : «Dans le Deuxième Livre de Samuel, il y avait apparemment de la réticence à utiliser le nom Eshba'al, qui rappelait le dieu cananéen de l’orage Baal, et le nom original a donc été modifié par Isch-Boscheth, mais le nom original de «Eshba'al» a bien été conservé dans le Livre des Chroniques (1 Chroniques 8,33). Ainsi, par exemple, le nom du chef de guerre le juge Gédéon Ben Joas a également été changé de Jerubbaal en Jerubesheth» (Josué 6,7 et 8).

 

Un personnage important

Les archéologues pensent que Eshba’al Ben Beda devait être un personnage important, apparemment propriétaire d’un grand domaine agricole. Les produits de ce domaine auraient été versés et transportés dans des jarres portant son nom. «Ceci est une preuve claire de la stratification sociale et la création d’une classe économique établie qui a eu lieu au moment de la formation du royaume de Juda» déclarent les professeurs Yosef Garfinkel de l’Université Hébraïque et Sarre Ganor de l’Autorité des Antiquités d’Israël.

 

Un rôle accru de l’écriture

Les professeurs Garfinkel et Ganor expliquent encore : «Jusqu’à il y a environ cinq ans, nous n’avions pratiquement aucune connaissance d’inscriptions datant du Xe siècle avant Jésus-Christ dans le royaume de Juda. Durant ces dernières années, quatre inscriptions ont été mises au jour : deux à Khirbet Qeiyafa, une à Jérusalem et une à Bet Shemesh. Cela change totalement la compréhension que nous avions de la pratique de l’écriture dans le royaume de Juda. Il est maintenant clair que l’écriture était beaucoup plus répandue qu’on ne le pensait».

Ci-dessus : la jarre reconstituée
du site de Khirbet Qeiyafa.