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Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Une vue du Parc National d'Ein Gedi, proche de la mer Morte. Image Miguel Egido.

Un fragment ancien de la Bible hébraïque

Un fragment d’un rouleau de la Torah, conservé sous verre chez un archéologue israélien, était trop fragile pour être déroulé sans dommages. Or une nouvelle technique d’imagerie numérique vient de révéler ce qui est écrit à l’intérieur : des textes de la Bible hébraïque datés de deux mille ans environ.

  • Une nouvelle technologie

    L’analyse numérique, effectuée aux rayons X et en trois dimensions, a permis aux chercheurs de lire le contenu du manuscrit sans avoir à l’ouvrir, et donc sans risquer de l’altérer.

    Cette technologie, financée par Google et la National Science Foundation, devrait être plus largement accessible d’ici fin 2017. Les chercheurs espèrent ainsi pouvoir l’utiliser pour analyser une centaine de documents anciens trop fragiles pour être déroulés, comme certains manuscrits de la mer Morte ou d’autres rouleaux de papyrus ensevelis lors de l’éruption du Vésuve en 79 après J.-C. Cette technique devrait également pouvoir s’appliquer à des domaines tels que l’étude plus générale des objets antiques ainsi qu’à la médecine légale.

  • La découverte

    Ce parchemin a été découvert en 1970 à Ein Gedi, un site proche de la mer Morte où vivait une ancienne communauté juive. Les archéologues avaient trouvé ces fragments calcinés à l’intérieur de l’arche sainte d’une antique synagogue détruite par un incendie. Le climat chaud et sec de la région avait permis leur conservation, mais au moment de leur découverte, les premiers manuscrits tombèrent en poussière dès que les archéologues y touchaient. Les rouleaux préservés furent donc soigneusement mis à l’abri, et le restèrent pendant près d’un demi-siècle sans que l’on n’en connaisse le contenu.

  • L'analyse en 3D

    C’est en 2015 que l’archéologue Yosef Porath, découvreur des rouleaux à Ein Gedi, a contacté la Direction des Antiquités d’Israël à Jérusalem pour essayer d’en déterminer le contenu. Le laboratoire a alors scanné ces documents et réalisé des images en haute résolution. Cette technologie du « dépliage virtuel » a permis de numériser précisément la forme tridimensionnelle du rouleau, et d’en reconstituer les parties intérieures pour obtenir une image du texte. Elles révélèrent alors des extraits de la Torah datés de deux mille ans environ. Ils seraient identiques à la version hébraïque actuelle, selon le spécialiste des manuscrits de la mer Morte Emmanuel Tov, de l’Université hébraïque de Jérusalem.

  • Conclusion

    Pnina Shor de la Direction des Antiquités d’Israël qui a participé à l’étude, ne cache pas son enthousiasme. C’est la première fois qu’un manuscrit biblique est découvert dans l’arche sainte d’une synagogue antique. Cette découverte présente un grand intérêt pour l’étude de la composition de la Bible hébraïque. Jusqu’à présent, les chercheurs estimaient que la forme classique de la Bible hébraïque était née probablement il y a environ deux mille ans, mais ils n’en avaient pas la preuve : les plus anciens exemplaires connus du texte actuel en hébreu ne remontent qu’au IXe siècle de notre ère.

Le texte mis au jour à l'aide d'un scanner 3D à Ein Gedi est pratiquement identique à la version

actuelle du Livre du Lévitique. Image Or Imbar,