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Des découvertes au Proche-Orient éclairent l'histoire biblique

Ci-dessus : Le cylindre de Cyrus est un cylindre d'argile sur lequel est inscrite en akkadien cunéiforme une proclamation du roi de Perse Cyrus II.

Etendart de Cyrus II.
Image Musée de Téhéran, Iran.

Cyrus II le Grand est enterré à Pasargades
(dans l’actuel Fars, province du sud-ouest de l’Iran)
dont il avait fait l’une de ses capitales.
Son tombeau subsiste encore de nos jours.
© Théo Truschel.

Bijoux  en or.

VIe siècle av. J.-C.

Musée de Leyde.
© Théo Truschel.

L'édit de Cyrus II le Grand

Cyrus II le Mède (vers 559-529 avant J.-C.) est le fondateur de l’immense empire perse, ou empire des Achéménides, du nom d’Achéménès, ancêtre éponyme de la dynastie. Il édite un décret de tolérance qui libère les peuples déplacés ou exilés.

Petit-fils d’Astyage, roi des Mèdes, Cyrus hérite du royaume perse qui était alors vassal de celui des Mèdes. Entre 553 et 550 avant J.-C., il rassemble d’importantes forces militaires qui lui permettent de vaincre son grand-père Astyage et de s’installer dans sa capitale, Ecbatane. Puis en quelques années, il s’empare successivement du royaume lydien de Crésus, des cités grecques d’Asie Mineure et de son plus redoutable adversaire le royaume néobabylonien de Nabonide (comprenant alors la Mésopotamie, la Syrie, les cités phéniciennes et la Judée),. Il prend alors le titre de roi des Perses et des Mèdes, inaugurant l’empire le plus grand que le monde antique ait jamais connu. Celui-ci s’étend de l’Asie Mineure à l’Inde occidentale, en incluant le Moyen-Orient et une grande partie de l’Asie centrale.

L’année de sa victoire sur l’empire néobabylonien, en 539 avant J.-C., il publie un décret qui accorde la liberté à tous les peuples de son empire exilés ou déportés. Il autorise ainsi les Juifs de Babylone à rentrer en Judée et à y construire le Second Temple de Jérusalem (Esdras 5,13). En réparation des dommages causés par Nabuchodonosor II, il restitue même le mobilier du Temple saisi par ce dernier (Esdras 1,7-11).

 

Extrait de l'édit

Le texte du décret de Cyrus fut découvert en 1879 dans les ruines de l’antique Babylone. Il figure sur un cylindre d’argile sous la forme d’une longue inscription en écriture cunéiforme, aujourd’hui exposé au British Museum de Londres.

 

« Je suis Cyrus, roi du monde, grand roi, puissant roi, roi de Babylone […]. De Babylone à Assur et de Suze, Agade, Eshnunna, Zamban, Me-Turnu, Der, d’aussi loin que la région de Gutium, les centres sacrés de l’autre côté du Tigre, dont les sanctuaires avaient été abandonnés pendant longtemps, je retournai les images des dieux qui avaient résidé  [à Babylone] à leur place et je les laissai résider en leurs demeures éternelles. Je rassemblai tous leurs habitants et leur rendis leurs résidences […] »

L’exil des Hébreux à Babylone avait commencé après la prise de Jérusalem par Nabuchodonosor II et la destruction du Temple de Salomon, vers 586 avant J.-C. Tous les notables de la ville furent alors envoyés en exil à Babylone, et le royaume de Juda jusque-là indépendant devint une province de l’empire néobabylonien. Par la suite, avec la conquête de Cyrus II, Juda forma la province Yehoud Medinata, ou simplement Yehoud (origine du mot juif).

L’édit de Cyrus semble concerner surtout la population de l’ancien royaume de Juda demeurée à Jérusalem, plutôt que la Diaspora juive éparpillée dans l’empire médo-perse. Selon les Écritures, le gouverneur juif Zorobabel ramena à Jérusalem quarante-deux mille déportés, accompagnés par le prophète Aggée. Ce fut la première vague du retour de la période de l’exil, vers 538 avant J.-C. La ville et le Temple furent alors reconstruits, malgré les difficultés suscitées par des populations locales hostiles aux Juifs. La dédicace du Temple n’eut lieu que dix-sept ans plus tard, sous le règne de Darius Ier, troisième roi de l’empire achéménide (Esdras 3,10-13).

L'organisation de l'empire et la mort de Cyrus

Génie militaire et fin diplomate, Cyrus II organisa d’une manière remarquable son immense empire, au moyen du système des satrapies inspiré de l’administration assyrienne. Il y ajouta un esprit de souplesse et de tolérance envers les différentes particularités nationales, ce qui contribua à préserver la paix dans ce gigantesque édifice. On attribue à Cyrus l’institution de l’araméen comme langue officielle et sa diffusion dans tout l’empire.

Les circonstances de la mort de Cyrus sont mal connues. Elle semble être survenue vers 529 avant J.-C., peut-être au cours d’un combat contre les Massagètes. D’après l’historien Bérose (IIIe siècle avant J.-C.), c’est au cours d’une guerre contre les Parthes qu’il trouva la mort. D’après Ctésias, historien du Ve siècle de la Perse et de l’Inde, c’est plutôt en combattant les Derbices, peuplade vivant à l’est de la mer Caspienne, qu’il fut tué.

Il est enterré à Pasargades (dans l’actuel Fars, province du sud-ouest de l’Iran) dont il avait fait l’une de ses capitales.

En 1971, l’Organisation des Nations Unies a fait traduire l’édit de Cyrus dans toutes les langues. Le cylindre énonce en effet les principes fondamentaux de la loi persane : tolérance religieuse, abolition de l’esclavage, liberté du choix de profession et étendue de l’empire.